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Anglophones: un test de français pour obtenir leur DEC, promet le PQ

Un Québécois dont l'anglais est la langue maternelle... (Photo Paul Chiasson, La Presse canadienne)

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Un Québécois dont l'anglais est la langue maternelle qui étudie dans un cégep anglophone ne pourrait plus obtenir un DEC s'il refuse de se plier à cet échange « enrichissant », a confirmé le PQ.

Photo Paul Chiasson, La Presse canadienne

Les Québécois anglophones qui souhaitent obtenir un diplôme d'études collégiales (DEC) devront réussir une épreuve uniforme de français et faire une session dans un cégep francophone, prévoit le Parti québécois dans sa plateforme linguistique.

Jean-François Lisée a présenté samedi ses engagements pour stopper la « fragilisation lente et certaine » du français au Québec. Plusieurs éléments de son plan visent les Québécois anglophones, dont le cursus postsecondaire serait sensiblement changé lors d'un premier mandat péquiste. 

Ainsi, M. Lisée prévoit imposer quatre cours de français langue seconde aux étudiants de cégeps anglophones, alors qu'ils en suivent actuellement deux. Ces derniers devront également effectuer une session dans un cégep francophone, « préférablement » en région, a-t-il dit, et ce en ayant accès à des bourses de mobilité pour que ce « déplacement soit assumé par l'État ». 

Un Québécois dont l'anglais est la langue maternelle qui étudie dans un cégep anglophone ne pourrait plus obtenir un DEC s'il refuse de se plier à cet échange « enrichissant », a confirmé le PQ. 

« Les étudiants anglophones [sortent] du secondaire avec une bonne qualité de français, qui se dégrade ensuite au cégep et à l'université. Il est donc très important de faire un effort supplémentaire », a dit M. Lisée, samedi. 

« Pour l'instant, on ne donne pas cet outil et dans plusieurs cas, c'est comme si on donnait nos diplômes avec un ticket aller simple pour Toronto », a déploré le chef péquiste. 

De nouvelles exigences à l'université 

En plus de devoir passer une épreuve uniforme de français au cégep, les Québécois anglophones qui étudient dans une université de langue anglaise devront désormais démontrer leur maîtrise du français, une nouvelle « condition d'obtention de leur diplôme ». 

Cette condition serait-elle évaluée par un examen ou la réussite de cours de français ? Le Parti québécois ne donne pas de détails de son plan. Il n'indique pas non plus si l'épreuve uniforme de français imposée aux cégeps anglophones serait la même que celle donnée en ce moment dans les cégeps francophones. À l'heure actuelle, les cégeps anglophones ont une épreuve uniforme en anglais seulement.  

Chose certaine, les étudiants étrangers et les étudiants canadiens hors Québec ne seront pas soumis à ces nouvelles règles, affirme le PQ. Ces derniers se verront toutefois offrir des cours d'initiation au français.

Au niveau primaire et secondaire, les étudiants francophones qui souhaitent s'inscrire à des cours d'anglais intensifs (comme il en existe notamment en sixième année du primaire) devront à l'avenir démontrer qu'ils maîtrisent le français au niveau qui est requis à leur niveau, a dit M. Lisée. 

Déposer une loi 202 

Pour présenter ses engagements linguistiques, samedi, Jean-François Lisée y est allé de formules qui frappent l'esprit. Son gouvernement déposera une loi 202 dans ses 101 premiers jours de mandat pour renforcer la langue française. 

Le PQ prévoit notamment imposer l'actuelle Charte de la langue française aux moyennes entreprises (25 à 49 employés), ainsi qu'aux entreprises à charte fédérale, « qui constitue environ 10 % des salariés du Québec ». Comment entend-il le faire ? Le chef péquiste s'en remet d'abord à la bonne foi des chefs de partis fédéraux, mais s'ils refusent, il promet de légiférer à Québec.  

Dès l'an un d'un gouvernement du Parti québécois, 100 % des immigrants économiques sélectionnés par l'État québécois devront également démontrer un certain niveau de français avant d'obtenir leur certification de sélection du Québec (CSQ). 

Une erreur dans le document 

À peine distribuée aux médias, Jean-François Lisée a dû corriger sa plateforme linguistique et identitaire. Sur l'une des pages, il était écrit noir sur blanc qu'un comité se pencherait sur la possibilité d'interdire au personnel de garderies en milieu familial le droit de porter un signe religieux. Cela ne reflète toutefois pas la position officielle du parti.  

« Vous pouvez le biffer dans chacun des documents, ce n'est pas notre position. Je ne m'explique pas comment c'est là », a dit le chef péquiste. 

Vendredi, lors de la présentation de sa candidate dans la circonscription de Laporte, sur la Rive-Sud de Montréal, M. Lisée avait pourtant dû lui expliquer en détail (et en direct) sa position sur le sujet : le PQ souhaite interdire les signes religieux aux préposés de CPE et de garderies privées subventionnées, mais pas aux préposés de garderies en milieu familial. 

Les juges, les enseignants, les gardiens de prison et les policiers ne pourront plus porter de signes religieux, promet Jean-François Lisée.




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