Un gouvernement de la Coalition avenir Québec cherchera à couper de 20 % le nombre d'immigrants sélectionnés par le gouvernement fédéral, a indiqué François Legault, mercredi.

Martin Croteau LA PRESSE

La Coalition avenir Québec propose depuis longtemps de réduire temporairement de 50 000 à 40 000 le nombre d'immigrants admis dans la province chaque année. Elle propose aussi d'exiger d'Ottawa de nouveaux pouvoirs pour la sélection des immigrants.

Mercredi, M. Legault a fourni deux précisions sur son plan de match, jusqu'ici inconnues.

Il a esquissé pour la première fois les contours de ses revendications auprès d'Ottawa. S'il devient premier ministre, il cherchera à réduire dans des proportions égales le nombre d'immigrants sélectionnés par la province et par le fédéral.

Québec choisit actuellement les 31 000 immigrants économiques qui s'établissent ici. Ottawa sélectionne environ 12 000 personnes en vertu du programme de réunification familiale, et 9 000 réfugiés.

M. Legault a indiqué que ces trois catégories d'immigrants devraient être réduites dans une proportion égale.

« Idéalement, ça serait proportionnel : 20 % dans chaque catégorie », a-t-il dit lors d'une mêlée de presse à Longueuil.

Cela dit, il reste ferme sur sa cible globale, peu importe le résultat des pourparlers avec Ottawa.

« Au total, peu importe le résultat de la négociation avec Ottawa, on ne veut pas excéder 40 000 », a-t-il affirmé.

Quelques heures plus tôt, la CAQ avait fourni une autre précision sur sa stratégie en confirmant qu'elle souhaite baisser le nombre total d'immigrants de 20 % dès 2019.

Message politique

Questionné à savoir comment il entend convaincre le gouvernement Trudeau de lui transférer de nouveaux pouvoirs de sélection des immigrants, M. Legault a rétorqué qu'une victoire de la CAQ enverrait un message clair à son interlocuteur.

« Disons que la grande majorité des Québécois sont d'accord pour réduire le nombre d'immigrants, disons que la grande majorité des Québécois sont d'accord pour exiger un test de français, disons que beaucoup de Québécois votent pour la CAQ le 1er octobre, M. Trudeau va être obligé d'en tenir compte », a dit M. Legault.

Le chef caquiste martèle que le Québec a dépassé sa capacité d'intégrer les immigrants. Il souligne que le quart des nouveaux arrivants quittent la province, une preuve de « l'échec » de la stratégie libérale, dit-il.

« N'oublions pas que l'année passée, lorsqu'on prend les 50 000 qui sont arrivés, il y en a 59 % qui ne parlaient pas français et la majorité des adultes, jamais ne vont suivre de cours de français, a dit M. Legault. Il y a un problème. Est-ce qu'on peut s'entendre qu'il y a un problème ? »