François Legault doit révéler les conditions précises du prêt qu'a contracté son député Éric Caire auprès d'un maire de sa circonscription, affirme le Parti libéral. Faute de quoi, c'est l'UPAC qui pourrait devoir mettre son nez dans le dossier.

Mis à jour le 30 août 2018
MARTIN CROTEAU LA PRESSE

Même si François Legault a passé sa journée à défendre le député sortant de La Peltrie, les explications du chef caquiste restent insuffisantes aux yeux du ministre sortant de la Santé, Gaétan Barrette.

En entrevue, M. Barrette a sommé la CAQ de dévoiler publiquement en détail le prêt personnel de 55 000 dollars que le maire de L'Ancienne-Lorette a consenti à M. Caire et à son ex-conjointe.

« Aujourd'hui, on ne sait toujours pas quelle est la teneur du prêt, a dit M. Barrette. Les documents n'ont pas été révélés. Alors, je pose une question : est-ce qu'il faudra qu'on demande à l'UPAC d'enquêter pour faire la lumière sur cette situation ? »

La CAQ a révélé de nouvelles informations sur le cas de M. Caire, plus tôt jeudi. Elle a confirmé que le député a contracté un prêt à la Caisse Desjardins pour rembourser sa dette envers le maire Émile Loranger.

Le parti a également distribué une « Quittance générale et finale », signée par M. Loranger, qui révèle que M. Caire et son ex-conjointe lui ont remboursé 57 120 dollars le 28 juin dernier. Considérant que le prêt a été fait en septembre 2017, il s'agit d'un taux d'intérêt légèrement inférieur à 4 %.

Mais, à ce jour, le contrat qui liait M. Caire, son ex-conjointe et le maire Loranger n'a jamais été rendu public.

Legault en cause

Selon Gaétan Barrette, cette situation engage la responsabilité de François Legault. Il rappelle que le chef de la CAQ a maintes fois promis qu'il appliquerait une politique de « tolérance zéro » en matière d'intégrité.

Or, bien qu'il reconnaisse que son député a commis une « erreur », M. Legault a confirmé qu'il pourra rester candidat de la CAQ. Il a fait valoir que la CAQ se trouve dans l'opposition et que ni M. Caire ni M. Loranger n'ont tiré d'avantages de leur arrangement.

« Est-ce que François Legault est capable d'être cohérent dans ses positions ou est-ce que, parce que c'est quelqu'un qui est près de lui, il contournera les règles et ne les appliquera pas ? a demandé M. Barrette. Ça, c'est troublant. C'est une éthique élastique, une éthique à géométrie variable. »

Legault dénonce « un autre dérapage »

Cette charge a forcé François Legault à tenir un troisième point de presse en soirée, après un discours devant des militants à Saguenay. Il a alors dénoncé « un autre dérapage de M. Barrette ».

« Tous les hôpitaux de la Montérégie sont à plus de 100 % d'occupation aujourd'hui, y compris l'hôpital du Suroît à Valleyfield, qui est à 200 %, a ironisé M. Legault. Et, Gaétan, il perd du temps à regarder les lois sur l'éthique ? C'est le même gars qui a voté pour protéger Pierre Paradis en chambre ? Soyons sérieux. »