André Carrière, 52 ans, qui a travaillé à la campagne de la députée péquiste Catherine Fournier en décembre 2016, a plaidé coupable vendredi à une accusation de communications harcelantes envers la députée de Marie-Victorin et l'un de ses adjoints.

Mis à jour le 20 août 2018
Daniel Renaud LA PRESSE

Les gestes qui lui sont reprochés sont survenus entre le 15 novembre 2016 et le 23 janvier 2017. Selon un résumé des faits lu par la procureure de la Couronne, Me Amélie Savard, l'accusé était bénévole dans l'équipe du Parti québécois (PQ) qui travaillait à faire élire Mme Fournier à l'élection partielle du 5 décembre 2016 dans la circonscription de Marie-Victorin, à Longueuil, lorsque les problèmes ont commencé.

« Une histoire de vol d'un micro sans fil a commencé à envenimer les relations entre M. Carrière et le personnel de Mme Fournier. Les membres du personnel lui ont interdit d'entrer dans les locaux du parti et de communiquer avec eux ou Mme Fournier », a décrit la procureure.

« Mais après l'élection de celle-ci, l'accusé a communiqué avec Mme Fournier sur son fil Twitter, par sa page Facebook et par son adresse courriel. Mme Fournier évalue avoir reçu plus de 200 messages de monsieur qui devenaient de plus en plus intimidants et menaçants », ajoute Me Savard.

Selon cette dernière, le personnel a tenté d'offrir de l'aide à M. Carrière, mais les relations avec lui sont devenues encore plus tendues et les liens ont ensuite été complètement coupés. L'accusé a joint des membres du personnel de Mme Fournier sur leur téléphone cellulaire et le ton qu'il a utilisé était menaçant. Catherine Fournier et l'un de ses employés, Louis-Philippe Prévost, ont porté plainte à la police de Longueuil, qui a arrêté M. Carrière. Ce dernier a comparu sur promesse le 10 mars 2017 et a plaidé non coupable à trois chefs de communications harcelantes et de menaces de mort.

« IL ADMET QU'IL N'A PAS EU UN COMPORTEMENT ADÉQUAT »

Lorsque la juge Anne-Marie Jacques, de la Cour du Québec, a demandé à l'accusé s'il était d'accord avec le résumé des faits lu par la procureure, M. Carrière a voulu nuancer certains faits, mais son avocat, Me Richard Ouellette, s'est aussitôt levé pour s'interposer.

« Il est un pur et dur du PQ, il en reste encore, Madame la Juge », a lancé l'avocat.

« Il souhaite tout le succès possible à Mme Fournier pour les prochaines élections. Il a travaillé dur pour elle, et dans d'autres campagnes. Il admet qu'il n'a pas eu un comportement adéquat. Il veut même que la sentence soit reportée pour ne pas nuire à la campagne de Mme Fournier », a poursuivi Me Ouellette.

Parce que M. Carrière a plaidé coupable, les chefs de menaces ont été retirés. Il lui reste également une autre accusation de non-respect de conditions, mais le dossier a été reporté. André Carrière n'a pas d'antécédents criminels, mais il a plaidé coupable le mois dernier dans une autre affaire de menaces et attend sa sentence.

Dans la cause de Mme Fournier, son avocat a annoncé son intention de plaider l'absolution inconditionnelle lors des observations sur la peine, qui ont été reportées à la fin de septembre. M. Carrière doit respecter des conditions, notamment de ne pas communiquer avec les deux victimes.

Flanqués de deux autres employés du PQ et d'une enquêteuse de la police de Longueuil, Catherine Fournier et Louis-Philippe Prévost se sont présentés vendredi au palais de justice de Longueuil au cas où ils auraient eu à témoigner, mais ils n'ont pas eu à le faire.

« J'espère que le monsieur aura tout le soutien psychologique nécessaire », a simplement dit la jeune députée.

Élue en décembre 2016 à l'âge de 24 ans, Catherine Fournier est une étoile montante au Parti québécois. Elle est porte-parole de l'opposition officielle en matière de condition féminine, de jeunesse, d'immigration et de diversité, et de lutte contre l'homophobie.