Québec solidaire souhaite doubler la masse salariale de l'Office québécois de la langue française, en plus d'imposer la langue de Molière aux entreprises de plus de 10 employés.

Publié le 16 août 2012
Philippe Teisceira-Lessard LA PRESSE

La formation politique a annoncé jeudi matin, à Montréal, ses engagements en matière de langue. Québec solidaire dit vouloir aller plus loin que le Parti québécois, qui «ménage les entreprises» en matière de langue de travail, mais se montrer plus souple en matière d'enseignement.

Québec solidaire (QS) veut donc faire passer de 50 à 10 le nombre d'employés qu'une entreprise peut avoir avant d'adopter le français comme langue de travail.

«Dans de très petites entreprises [...] la difficulté de travailler en français est souvent présente à Montréal», a avancé Mme David.

QS veut aussi réserver aux établissements francophones les permis d'exploitation de services de garde en milieu familial.

Et pour faire appliquer ces nouvelles mesures, la formation politique veut doubler la masse salariale de l'Office québécois de la langue française.

«C'est bien beau, resserrer les lois, mais il faut qu'il y ait du personnel pour les faire appliquer», a affirmé la co-porte-parole de QS. Sinon, «c'est comme avoir de belles lois en environnement, mais pas d'inspecteurs pour les faire appliquer».

Pas de loi 101 au cégep

Même si Québec solidaire veut rendre plus sévères les lois sur le français au travail, l'idée d'assujettir les cégeps à la Charte de la langue française ne charme pas ses militants.

Le Parti québécois, avec sa promesse d'imposer le cégep francophone à une majorité d'étudiants, «prend le problème à l'envers», estime Mme David. «Il dit que si des jeunes font deux ans de cégep en anglais, le marché du travail va se convertir du français à l'anglais. Mais c'est tout le contraire. Si le marché du travail [...] fonctionne d'un bout à l'autre en français [...] presque tout le monde voudra aller au cégep en français.»