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L'homme qui a «appris... et changé»

S'il est réélu lundi prochain, Jean Charest sera... (Photo: François Roy, La Presse)

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S'il est réélu lundi prochain, Jean Charest sera le premier à avoir été élu trois fois de suite comme premier ministre depuis Maurice Duplessis en 1956.

Photo: François Roy, La Presse

Jean Charest a changé. Et appris, dit-il. Il se montre plus prudent, moins arrogant. Au point de se défendre de souhaiter l'élimination de l'Action démocratique de Mario Dumont de la carte électorale. Mais le politicien reste à l'affût. La Presse avait demandé une entrevue exclusive aux trois chefs de parti. M. Charest a donné la sienne dans son autobus de campagne plus tôt cette semaine. En voici les grandes lignes.

Mario Dumont et l'ADQ ont leur place sur l'échiquier politique québécois. Depuis 18 mois Jean Charest tire à boulets rouges sur Dumont, la «girouette» devenue «irresponsable et indigne» durant la campagne électorale. Tout à coup, l'heure n'est plus aux gros mots.

«Je ne fais pas campagne pour éliminer un parti», insiste Jean Charest réfléchissant à voix haute sur la dynamique politique des prochaines années, le possible retour au bipartisme, PLQ-PQ. Les sondages se multiplient, prédisant tous la disparition de l'Action démocratique, mais le chef libéral est convaincu que le plus jeune des trois partis ne sera pas rayé de la carte.

«Il y a toujours eu des tiers partis au Québec, l'Union nationale en 1976 avait joué un rôle important, il y a eu les créditistes. Il y a toujours eu du multipartisme», a souligné Jean Charest dans une entrevue accordée à La Presse à bord de son autocar de campagne.

«Je ne pense pas que M. Dumont soit rayé de la carte... je ne vois pas ça... et je ne travaille pas du tout dans cette approche.» «Je veux me faire élire, mais un parti politique (l'ADQ) a droit au chapitre. M. Dumont a connu des hauts et des bas dans le passé, il a traversé des périodes difficiles.»

Aucun nuage ne flottait au-dessus de la campagne libérale cette semaine. La crise politique à Ottawa monopolisait l'espace médiatique. En entrevue, Jean Charest repousse méthodiquement toute spéculation sur le lendemain du 8 décembre, évite toute déclaration qui démontrerait qu'il est convaincu d'avoir déjà en poche un gouvernement majoritaire.

«Je ne veux pas tenter le destin... cela porte malchance», dit-il avec un large sourire. Il sourit encore davantage quand on l'invite à commenter le fait qu'il sera le premier à avoir été élu trois fois de suite comme premier ministre, depuis Maurice Duplessis, en 1956. «Après le 8 décembre», se contente-t-il de dire, tout sourire.

Il a pris du poids. Il y a un an, les stratèges libéraux soutenaient pourtant que sa volonté - il avait perdu 20 livres - en disait long sur sa détermination à revenir en force. «Je n'ai jamais été aussi bien ma peau...», dit-il accusant le stress et la campagne électorale pour l'embonpoint retrouvé.

«Il n'y a pas d'école pour être premier ministre, on apprend et cela ne se perd pas...» Jean Charest est convaincu qu'après le dur verdict de 2007, il a pris un cours accéléré. «En 2007, les gens m'ont passé un message qui n'a pas été perdu», résume-t-il. Ce troisième mandat sera-t-il son dernier? «Je ne ferme pas la porte à vouloir continuer...» répond-il, sibyllin.

Jean Charest n'est pas d'accord avec les observateurs qui prédisent un taux de participation bien faible pour ces élections tardives. Le débat télévisé a attiré un nombre record d'auditeurs - 2 millions, 250 000 de plus que le précédent. D'ailleurs, déjà plus de 600 000 électeurs ont déjà voté par anticipation, relève-t-il.

En entrevue, Jean Charest fait méthodiquement dévier chaque question qui l'amène à spéculer sur les lendemains du 8 décembre. Pas question non plus de trop commenter sur le chaos à Ottawa: «l'économie va vite les rattraper», se contente-t-il de dire.

Il ne veut rien dire de plus sur les livres, fermés, de la Caisse de dépôt. Il faudra attendre pour connaître exactement l'impact de la crise boursière sur les tarifs, surtout que la Société d'assurance automobile du Québec a déjà, dans le passé, crié au loup sans raison.

Lors de l'entrevue, Stephen Harper venait d'annoncer qu'il devancerait son budget au 27 janvier. Le budget fédéral est la pièce qu'attend chaque année Québec avant de déposer le sien. Mais Jean Charest ne veut pas spéculer sur un budget hâtif pour Québec.




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