Plus bas que jamais dans les intentions de vote au Québec, le chef du Parti libéral, Michael Ignatieff, a promis de respecter les compétences provinciales et appelé les Québécois à lui faire confiance pour évincer Stephen Harper du pouvoir.

Mis à jour le 28 mars 2011
Malorie Beauchemin LA PRESSE

De passage à Montréal pour sa première journée complète de campagne, dimanche, M. Ignatieff a lancé un appel aux citoyens de la Belle Province: seul le Parti libéral peut «remplacer» le gouvernement conservateur, et non seulement le «limiter» comme le fait le Bloc québécois.

«J'ai du respect pour M. Duceppe et pour M. Layton. Mais ils ne peuvent pas nous sortir de ce régime Harper, a lancé le chef libéral devant une foule de plus de 1000 militants réunis en soirée à la TOHU, à Montréal. Ils voudraient le faire, mais ne peuvent pas. La seule équipe qui peut sortir le Canada de ce régime, c'est nous.»

Entouré d'une cinquantaine de candidats du Québec, M. Ignatieff a martelé son message, affirmant vouloir remplacer le régime «de la peur» de M. Harper par un gouvernement d'«espoir».

Dans son premier discours important de la campagne, le chef libéral a prôné un «fédéralisme de respect», promettant le respect des compétences du Québec, même s'il promet des investissements dans les juridictions provinciales, entre autres en santé et en éducation.

«Je sais bien que la santé, c'est une juridiction provinciale, mais le financement de la santé vient beaucoup du fédéral», a-t-il expliqué, promettant notamment de renouveler l'entente sur la santé, signée en 2004 entre le gouvernement fédéral de Paul Martin et les provinces canadiennes, et qui vient à échéance en 2014.

«Cet accord respectait justement les juridictions des provinces. Nous allons faire la même chose, a dit M. Ignatieff. Nous allons respecter les juridictions des provinces en matière de santé et dans toutes les autres matières.»

Après un lancement de campagne à Ottawa, samedi, le chef libéral a passé la journée de dimanche à Montréal.

«Dans ces élections, les Québécois ont le pouvoir de changer les choses, a ajouté le chef libéral, dans un restaurant au coeur de la circonscription d'Ahuntsic. Ils ont le pouvoir de choisir un gouvernement au service des citoyens. Un gouvernement démocratique. M. Harper a un problème avec la démocratie. Moi, je suis là parce que j'adore la démocratie.»

Semblant à l'aise, ne suivant aucunement son discours écrit, le chef libéral a estimé que la politique des conservateurs ne correspondait pas aux valeurs des Québécois.

«Je veux former un gouvernement progressiste, qui respecte l'environnement, qui réengage le Canada sur la scène internationale et qui maintient à jamais l'unité nationale», a dit Michael Ignatieff.

Ainsi, pour lui, les identités québécoise et canadienne n'entrent pas en contradiction.

«Vous pouvez être québécois et canadien dans l'ordre qui vous semble bon. C'est la liberté d'appartenance. On ne peut pas imposer une identité», a-t-il souligné.

Michael Ignatieff a aussi promis de rétablir les fonds pour promouvoir la culture québécoise et francophone à l'étranger, disparus sous les conservateurs.

«M. Harper a coupé toute l'aide à l'épanouissement, la promotion de la culture francophone dans le monde. Moi, je vais rétablir le rôle du fédéral», a dit le chef libéral.

«M. Harper ne veut pas et M. Duceppe ne peut pas. Nous sommes les seuls à pouvoir le faire. Et nous allons le faire», a-t-il ajouté.