Le directeur des poursuites criminelles et pénales ne retirera pas les accusations criminelles contre les trois employés de la société ferroviaire MMA, malgré les doléances de la Clinique juridique Juripop, du Syndicat des métallos et de Me Thomas Walsh, l'avocat du mécanicien de locomotive Tom Harding.

Mis à jour le 29 août 2014
Isabelle Dubé LA PRESSE

En conférence de presse hier, les avocats et le syndicat ont uni leurs voix pour demander à la Couronne d'abandonner les accusations criminelles qui pèsent contre le mécanicien Tom Harding, le contrôleur ferroviaire Richard Labrie et le directeur des opérations Jean Demaître. Ils affirment que le rapport du Bureau de la sécurité des transports, rendu public la semaine dernière, apporte des faits nouveaux au dossier qu'il faut prendre en considération.

«Ça fait des années que tout le monde sait que Transports Canada et MMA, ça n'a pas d'allure, ce qui se passe là-bas! s'est exclamé le directeur de Juripop, Marc-Antoine Cloutier. Et les travailleurs ont fait ce qu'ils font d'habitude. Ça nous confirme que ce sont des boucs émissaires.»

«C'est beaucoup plus réconfortant pour un gouvernement d'avoir des travailleurs comme boucs émissaires à la veille d'élections», a renchéri le directeur québécois des Métallos, Daniel Roy.

Des explications réclamées

Le rapport du BST a noté 18 facteurs qui ont mené à la tragédie de Lac-Mégantic, dont le laxisme de Transports Canada et la faible culture de sécurité de MMA. Selon le directeur de Juripop, n'importe quel employé travaillant dans ces conditions aurait posé les mêmes gestes.

Me Thomas Walsh va plus loin. Il veut que la Couronne explique à la population quels sont les gestes précis des employés qui ont mené à des accusations de négligence criminelle causant la mort. «C'est la moindre des choses qu'ils nous expliquent. Est-ce que c'est parce que Tom Harding ne s'est pas levé en pleine nuit? Est-ce que c'est parce qu'il n'a pas mis 9 freins à main? Ou 15?»

Mais le directeur des poursuites criminelles et pénales ne bouge pas. «Les accusations demeurent et la suite du dossier aura lieu en cour le 11 septembre, a répliqué le porte-parole, Me Jean-Pascal Boucher [...] Le rapport du BST ne change pas l'évaluation de la preuve qui a été faite et qui a mené à des accusations contre les 3 employés et la compagnie.»