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Burkhardt, le «visage le plus laid du capitalisme», selon Labeaume

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Tragédie à Lac-Mégantic

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Tragédie à Lac-Mégantic

Un convoi ferroviaire transportant du pétrole brut a explosé à Lac-Mégantic, le 6 juillet, faisant plusieurs morts et rasant la quasi-totalité du centre-ville historique de cette municipalité. »

Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Lac-Mégantic

Régis Labeaume n'a pas l'habitude de faire dans la dentelle, et il en a encore fait la démonstration vendredi à Lac-Mégantic, où il a notamment taxé Edward Burkhardt de «corporate bum» (délinquant corporatif) qui montre le «visage le plus laid du capitalisme».

Le maire de la ville de Québec était de passage dans la municipalité pour témoigner de sa solidarité envers les victimes du drame et assurer la mairesse Colette Roy-Laroche que sa ville était «au service» de la sienne.

Mais il n'a pu contenir son bouillant caractère bien longtemps. Interrogé sur sa perception du grand patron de la compagnie ferroviaire Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA), Edward Burkhardt, le premier magistrat de Québec s'est lancé dans une diatribe sans trop se faire prier.

«Je suis complètement renversé par l'absence de compassion et l'absence de sentiments de cet homme-là. C'est peut-être le visage le plus laid du capitalisme; il est à peu près la quintessence du «corporate bum», a-t-il lâché lors d'un point de presse conjoint avec la mairesse Roy-Laroche.

Et il ne serait pas du tout surprenant, selon lui, de voir la MMA choisir la voie de la faillite pour éviter d'avoir à réparer les pots cassés à Lac-Mégantic.

«Vous voulez mon impression? C'est ce qu'il va faire. Cet homme-là, premièrement, il a un mur de feu entre l'entreprise et lui», a dit le maire Labeaume.

La société américaine MMA est contrôlée par son holding, Rail World, elle-même présidée par Edward Burkhardt - le portrait type du dirigeant cupide et malhonnête, selon le maire Labeaume.

«C'est généralement le genre d'homme d'affaires qui suce la compagnie, qui suce les profits, qui n'en laisse pas beaucoup dans la caisse et qui, comme actionnaire, doit se donner des dividendes au maximum chaque année et qui n'en laisse pas dans l'entreprise», a-t-il illustré, disant se fier sur son expérience passée dans le milieu des affaires.

Et ce qui est d'autant plus déplorable, a poursuivi le maire, c'est qu'Edward Burkhardt a essentiellement jeté l'opprobre sur l'ensemble de l'industrie ferroviaire.

La mairesse Roy-Laroche a indiqué qu'en date de vendredi, l'entreprise n'avait toujours pas répondu à la mise en demeure qui lui a été envoyée en milieu de semaine. La Ville de Lac-Mégantic réclame à la MMA le remboursement des 4 millions de dollars payés aux fournisseurs que la compagnie ferroviaire a elle-même embauchés pour nettoyer le site de la tragédie.

S'il a été question de la MMA et de son grand patron pendant une bonne partie du point de presse, le maire Labeaume et la mairesse Roy-Laroche - qui semblaient s'entendre comme larrons en foire - ont tout de même profité de l'occasion pour insister sur l'urgence de relancer la vie économique de Lac-Mégantic.

Cela passe par la construction d'un tronçon ferroviaire temporaire d'une longueur d'environ un à deux kilomètres pour desservir les entreprises du parc industriel de la ville et éviter ainsi des pertes d'emplois ou des fermetures d'établissements commerciaux, ont-ils tous deux plaidé.

Mme Roy-Laroche n'a pas été en mesure de préciser combien de temps il faudrait compter pour la construction d'une voie de contournement temporaire. Mais elle a dit souhaiter que l'on procède «rapidement».

Après qu'elle eut lancé qu'il lui était difficile de fixer un échéancier pour ce projet, n'étant après tout pas une experte en matière ferroviaire, Régis Labeaume s'est avancé au micro pour ajouter son grain de sel, comme il l'a fait à quelques reprises pendant la rencontre avec les médias.

«Là, il y a 120 millions de dollars (en aide financière du provincial et du fédéral) sur la table, a-t-il déclaré. Et je dis aux gouvernements (...) 'Lâchez-nous tranquilles avec les programmes. Faut pas que ça rentre dans un programme. Il faut que ce soit fait tout simplement.»




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