Luka Rocco Magnotta ne témoignera pas à son procès. Et il a refusé de se faire évaluer par le psychiatre retenu par le ministère public, le Dr Gilles Chamberland.

Mis à jour le 26 nov. 2014
Christiane Desjardins LA PRESSE

C'est ce que le jury a appris, hier, au 35e jour du procès de Luka Rocco Magnotta, jugé pour le meurtre et le démembrement de Lin Jun.

En matinée, après avoir présenté son 12e témoin, Me Luc Leclair a annoncé qu'il avait fini de présenter sa preuve. Dès après, le procureur du ministère public, Me Louis Bouthillier, a commencé à présenter sa contre-preuve, en appelant à la barre le psychiatre Joël Paris.

Le Dr Paris est psychiatre à l'Hôpital général juif de Montréal. Le 17 avril 2012, cinq semaines avant le meurtre de Lin Jun, Magnotta s'est présenté à l'hôpital pour une consultation en psychiatrie. Il a été accueilli par une psychiatre résidente, la Dre Alana Propst, et le Dr Paris s'est joint à la rencontre peu après. L'entretien a duré une heure.

Magnotta consultait pour une évaluation liée à un désordre bipolaire, pour lequel il avait été suivi en Ontario. 

Au terme de la rencontre, le Dr Paris a évalué que Magnotta avait sans doute un trouble de la personnalité limite. Il l'a renvoyé au médecin du CLSC et a lui a recommandé de suivre une thérapie. Il n'a rien changé à sa médication.

Le Dr Chamberland n'a pas pu évaluer l'accusé, si bien qu'il ne peut donner d'opinion ferme à son sujet. Mais il a assisté aux témoignages des témoins de la défense, et il s'est fait une opinion, qu'il mettra au conditionnel. Il a produit un rapport de neuf pages.