Le kirpan sera-t-il interdit par la Charte de la laïcité ? Et les signes religieux dans la rue et les parcs ? Qu'en est-il du vote à visage voilé ? La Presse a observé beaucoup de confusion au sein de la population. Corrigeons le tir.

Publié le 17 mars 2014
Gabrielle Duchaine LA PRESSE

Port du voile

Mythe : « Ça prend absolument une charte. Ça n'a pas de bon sens que du monde se promène dans la rue avec le visage caché par un voile. »

Réalité : Si elle est adoptée, la Charte s'adressera aux employés des organismes publics et parapublics, aux juges, aux arbitres du travail et aux commissaires nommés par le gouvernement. Elle n'aura aucun impact sur ce qui se passe dans les rues, sur les trottoirs et dans les parcs, et elle ne touchera pas les simples citoyens.

Kirpan

Mythe : « C'est dangereux, les kirpans. On ne peut pas accepter ça. On n'a pas le droit de se promener avec des couteaux, nous autres. Eux non plus ne devraient pas pouvoir. »

Réalité : Le kirpan, sorte de poignard porté par les sikhs orthodoxes, se place sous les vêtements. Ce n'est donc pas un signe religieux visible. Il ne fait pas partie de la liste « d'exemples de signes ostentatoires qui ne seraient pas permis au personnel de l'État » fournie par le gouvernement Marois.

Vote voilé

Mythe : « Ça n'a aucun sens que des gens votent avec le visage voilé. Il faut que ça arrête. »

Réalité : La Charte de la laïcité ne compte aucune disposition pour interdire le vote avec le visage voilé. Depuis 2007, la Loi électorale fédérale permet à un électeur de voter sans montrer son visage. Au Québec, le gouvernement libéral de Jean Charest a adopté en 2007 une loi pour obliger le vote à visage découvert.

Prière au travail

Mythe : « Si des gars à l'usine ont le droit d'arrêter de travailler pour prier, ça va faire de la chicane. Ce n'est pas juste. »

Réalité : La Charte prévoit des balises pour le traitement des demandes d'accommodement religieux. Toutefois, ces balises ne s'appliqueront qu'aux organismes publics. Les entreprises privées n'y seront pas soumises.