Revigoré par l'ajout de soldats américains, le commandant des Forces armées canadiennes en Afghanistan croit que la coalition alliée peut, d'ici quelques mois, grandement miner les forces talibanes dans l'explosive région du sud du pays, mais seulement après une bataille ardue.

ASSOCIATED PRESS

En entrevue à l'Associated Press, le brigadier-général Daniel Ménard a reconnu que les quatre prochains mois seront d'une importance capitale dans la guerre contre les talibans, qui sont nés à Kandahar durant les années «90. Kandahar demeure la patrie d'adoption des talibans et le coeur de l'insurrection en Afghanistan.

«Je crois que nous aurons d'importants développements en 2010, a affirmé le brigadier-général Ménard. Avec le nombre de soldats et les ressources qui m'ont été alloués, je pense pouvoir les affaiblir cet été. Mais ce qui importe davantage, c'est d'assurer aux citoyens que quelque chose de mieux les attend.

«Je ne cherche pas à abattre chacun des insurgés et ce n'est pas d'eux dont je me soucie le plus, a ajouté le brigadier-général Ménard. Ce qui m'importe, c'est de faire en sorte que la population comprenne qu'elle n'a pas besoin de subir les menaces (des talibans) et que cette façon de vivre est inacceptable.»

Le Canada compte environ 2800 soldats en Afghanistan, postés principalement dans la région immédiate de Kandahar, une ville qui compte quelque 800 000 résidants et qui représente le deuxième centre urbain en importance au pays.

La force d'intervention de Kandahar se veut l'unité névralgique des forces de l'OTAN dans la province. Elle englobe des unités de combat ainsi que des équipes de liaison et de reconstruction. A l'origine, elle était composée presque exclusivement de Canadiens, mais des soldats américains s'y sont ajoutés.

Le brigadier-général Ménard a expliqué que les forces de la coalition s'affairaient à ériger un anneau de sécurité autour de Kandahar, encore la cible d'attaque d'insurgés.

L'objectif est de permettre aux citoyens de la ville de reprendre une vie normale, un élément clé dans la stratégie visant à isoler et aliéner les talibans.

«L'anneau de sécurité sera en place avant la saison des combats», a-t-il confié. Les leaders talibans ont tendance à se replier en hiver et à relancer leur offensive au printemps.

Le brigadier-général Ménard est d'avis que l'addition de 37 000 soldats, en provenance des États-Unis et des pays membres de la coalition, représente un élément de grande importance dans les efforts visant à venir à bout des talibans.

«Je pense que nous aurons des résultats cet été. Ca ne sera sans doute pas terminé, mais nous pouvons préparer la table pour la ronde suivante. Il est maintenant évident que nous avons les ressources nécessaires, et je suis extrêmement reconnaissant de pouvoir compter sur ces quatre bataillons américains», a déclaré le brigadier-général Ménard.