Pendant que les juristes et les habituels joueurs de casseroles envahissaient pacifiquement les rues de Montréal, une manifestation a tourné au vinaigre à Québec alors que la police y a arrêté plus de 80 manifestants, dont deux négociateurs de la CLASSE.

Mis à jour le 28 mai 2012
Daphné Cameron, David Santerre et Sylvain Sarrazin LA PRESSE

La manifestation avait lieu devant l'immeuble du 150 René-Lévesque à Québec, où se déroulaient les négociations entre les associations étudiantes et le ministère de l'Éducation.

La police de Québec a procédé à une arrestation de masse au terme de laquelle la CLASSE a annoncé que deux de ses négociateurs, Philippe Lapointe et Justin Arcand, avaient été arrêtés. Ils auraient toutefois été relâchés sans amende.

Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, s'est approché des agents. Il leur a demandé de libérer les manifestants et appelé ceux-ci au calme. Vainement dans les deux cas.

À Montréal, vers 20h, ce sont les grands tintamarres de quartiers qui se sont mis en branle, avant de se regrouper pour former deux importants cortèges assourdissants.

L'un d'eux s'est formé des groupes de Villeray et de la Petite-Patrie et a dû regrouper entre 3000 et 4000 personnes à son plus fort.

Au début de ce désormais populaire mouvement, ces artistes de la batterie de cuisine manifestaient en petits groupes sur les trottoirs et traversaient les rues aux feux rouges. Mais ils sont aujourd'hui de plus en plus frondeurs.

Ils bloquent les rues, y marchent à contresens et y font de bruyants sit-in, comme ils l'ont fait en plein coeur de la résidentielle avenue de Châteaubriand dans la Petite-Patrie vers 21h30. On y a même vu un enfant d'environ 10 ans, en pyjama, brandissant un grand drapeau rouge et noir, symbole anarcho-communiste ou anarcho-syndicaliste.

«J'y suis chaque soir depuis le début. Je suis étonnée de l'ampleur que ça prend. Si je n'attends maintenant plus autant des négociations à Québec qu'il y a 15 semaines, il se passe tout de même de belles choses», a déclaré une étudiante en tourisme au collège de Montmorency.

Cette marche s'était à peu près démembrée vers 22h30.

De la place Émilie-Gamelin, la 35ème manifestation nocturne s'est aussi mise en branle après avoir été déclarée illégale par le SPVM en vertu du règlement municipal P6,avant même qu'un pied ait été posé dans la rue.

La marche s'est amorcée vers 21h.

Plusieurs milliers de manifestants, particulièrement énergiques après trois marches nocturnes très calmes, y ont pris part. De nombreux feux d'artifice ont été lancés, mais aucun méfait n'a été signalé.

Les manifestants ont marché dans le calme, au son d'une symphonie de casseroles. Des pétards et des feux d'artifice ont explosé au-dessus de la foule à plusieurs reprises.

Cette dernière a poursuivi son chemin, perdant des joueurs jusqu'à ce qu'elle en retrouve une petite centaine vers 23h30. Elle marchait alors à contresens sur le boulevard René-Lévesque est, près du pont Jacques-Cartier.

«Votre message a bien été entendu ce soir. Nous vous invitons à rentrer chez vous en empruntant les trottoirs», a alors annoncé un policier dans un microphone.

Le petit groupe s'est alors réuni autour de la station de métro Papineau.

«Vous avez fait un bon travail ce soir. Il faut le dire quand c'est bien fait», a lancé un manifestant à un policier à vélo en lui serrant la main.

Le SPVM s'est alors retiré sous les applaudissements des quelques joueurs de casseroles qui, eux, ont continué pendant quelques minutes leur tintamarre.

Au fil de Twitter

- 19h: la marche silencieuse des juristes quitte le palais de justice de Montréal. Direction square Émilie-Gamelin

- 20h: casseroles et avocats sur Berri

- 20h20: Les juristes arrivent sous une pluie de casseroles au square Émilie-Gamelin

- 21h: La manifestation nocturne s'est mise en marche sur Ontario, vers l'est

- 21h: dans le quartier Villeray, pendant ce temps, un millier de manifestants se regroupent et jouent de la cassserole au coin St-Denis et Jarry. 

- 21h05: La manifestation nocturne déclarée illégale, annonce le SPVM

- 21h10: les casseroles de Villeray descendent la rue St-Denis, vers le sud

- 21h 15: la foule remonte sur Sherbrooke, puis retourne sur Ontario

- 21h35: la FECQ indique que les négociations sont suspendues pour la soirée

- 21h40: la manifestation arrive dans le quartier des spectacles

- 21h50: le quartier chinois est investi

- 21h 15: à Québec, Léo Bureau-Blouin appelle au calme et à la dispersion 

- 21h45: les manifestants marchent sur Ste-Catherine

-22h: premières arrestations à Québec. À Montréal, la foule est survoltée

- 23h: le mouvement montréalais s'essouffle. Il reste quelques centaines de personnes. À Québec, la police arrête plus de 80 manifestants

- 23h30: le SPVM demande aux manifestants, sur René-Lévesque, de se disperser, alors que certains d'entre eux souhaitent se diriger vers le pont Jacques-Cartier

- 23h50: la manifestation est terminée. Aucune arrestation à signaler à Montréal.