La 31e soirée de manifestations nocturnes se termine dans le calme

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Le gouvernement de Jean Charest a décidé d'augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans, une hausse décriée par des dizaines de milliers d'étudiants. »

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Plusieurs milliers de manifestants, divisés en différentes marches, ont à nouveau animé les rues de Montréal jeudi pour une 31e nuit de contestation qui semble maintenant dépasser le mouvement étudiant.

Ils étaient déjà entre 2000 et 3000 vers 21h à prendre le départ de la place Émilie-Gamelin. Ils sont montés vers le nord sur Saint-Denis, où ils ont rencontré un important contingent de joueurs de casseroles qui était lui, parti de la rue Laurier, dans le Plateau-Mont-Royal. Plusieurs manifestations du genre, parties d'un peu partout en ville, se sont ensuite regroupées pour former au moins trois marches composées chacune de quelques milliers de joueurs de casseroles, couvercles de chaudrons et moules à gâteaux. Difficile de donner un estimé précis du nombre total de participants. Un de ces groupes s'est réuni devant la maison du maire de Montréal, dans Outremont.

Plus tôt dans la journée, le maire avait indiqué que les joueurs de casseroles pourraient, tout en étant bruyants, ne pas perturber la circulation et de rester sur leurs balcons. Il n'a de toute évidence pas été écouté par les militants. Les manifestations étaient très bruyantes mais très pacifiques.

La police a annoncé, avant même le départ du parc Émilie-Gamelin, que la manifestation était illégale en vertu du règlement municipal obligeant les organisateurs à fournir un itinéraire. Quelques rares manifestants défient encore ce soir le règlement sur le port des masques. Le SPVM avait fort à faire, non pas pour contenir la foule, mais pour sécuriser les rues où déambulaient les manifestants. Après 15 semaines, la faune participant au mouvement change. Beaucoup d'étudiants encore, mais de plus en plus de gens de générations plus âgées.

«Pour la majorité des gens, la bataille est encore celle des frais de scolarité, mais le mouvement devient de plus en plus une sorte d'occupy, de mouvement anti-capitaliste. C'est un changement de l'ordre social qui s'opère. Mais ça ne se fera pas du jour au lendemain», commente un professeur au département de médecine de l'Université de Montréal.

«Il y a la lutte contre la hausse, mais on lutte maintenant contre le Plan Nord, le gouvernement corrompu. Les gens se rallient en un des plus gros mouvements sociaux de l'histoire du Québec. Nous avons réussi à instaurer un débat de société au Québec. C'est déjà une victoire en soi», opine François-Xavier Clermont, étudiant en Travail social au Cégep du Vieux-Montréal.

«On est en train de faire l'histoire. On parle de nous dans des médias de Taïwan, aux États-Unis, en Europe», renchérit son ami David Marchand. Avant le départ au parc Émilie-Gamelin, une manifestante qui dansait au son des tambours a eu un malaise et s'est effondrée. Les policiers ont escorté des ambulanciers au centre de la foule pour porter secours à la jeune femme.

Le seul moment de tension qui aurait pu survenir a été évité. Les policiers, voyant la dernière marche s'amener vers le sud sur Saint-Denis, ont décidé de barrer la rue au sud de Sherbrooke. Comme ils l'avaient fait la veille avant de prendre 506 manifestants en souricière.

Des manifestants qui avaient devancé le groupe en éclaireurs on vu le cordon d'agents qui les attendaient. Ils ont décidé de filer vers l'est sur Cherrier. Au parc Lafontaine, le groupe s'est partiellement désagrégé.

Moins de 200 manifestants ont ensuite repris leur route jusqu'à ce qu'un leader annonce la fin de la manifestation, sur la rue Ontario.

«On a laissé le coin Saint-Denis et Sherbrooke à la police et on a évité la trappe. À l'avenir, ça ne servira plus à rien de tenter de s'approprier des coins de rues, on va juste se faire arrêter. Approprions nous les parcs plutôt, ils ne peuvent nous arrêter là. Rentrez chez vous par les trottoirs, et à demain», a-t-il lancé au petit groupe qui a obéi.

De nombreuses arrestations par le passé

Le SPVM a annoncé sur son fil Twitter avoir procédé à quatres arrestations jeudi. Mercredi soir, c'est 518 personnes avaient été prises en souricière la veille par le service de police de la ville de Montréal. La plupart d'entre elles ont reçu une amende d'une valeur de 634$ pour avoir participé à un attroupement illégal.

«Les gens peuvent être arrêtés s'ils ne donnent pas lechemin à l'avance, ils savent qu'ils s'exposent à ça», a indiqué le commandant Ian Lafrenière, porte-parole du SPVM, jeudi après-midi.

Plusieurs personnes ont critiqué aujourd'hui ces arrestations massives. Le SPVM a annoncé qu'une sirène sonnera une fois l'avis de dispersion donnée, afin d'assurer que l'ensemble de la manifestation comprenne qu'il faut quitter les lieux.

Tintamarre de casseroles

Encore une fois ce soir, des milliers de manifestants sont sortis dans les rues de Montréal, mais aussi un peu partout au Québec, pour faire du bruit avec casseroles et cuillères.

Ce grand tintamarre est nouveau dans le conflit étudiant. Le phénomène est récurrent dans la métropole depuis une semaine, dès 20h.

Les foules, bruyantes et pacifiques, déambulent présentement dans plusieurs rues. L'ambiance est festive et citoyens de tous horizons participent à cette manifestation.

Enfants, adolescents, parents, grands-parents et bien sûr étudiants font du bruit contre la loi spéciale du gouvernement, mais aussi pour manifester contre la hausse des droits de scolarité.

Hier soir, ils étaient des milliers à déambuler dans plusieurs quartiers de la métropole, particulièrement à Rosemont, sur le Plateau Mont-Royal et dans Hochelaga-Maisonneuve.

-Avec Pierre-André Normandin et Vincent Larouche.




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