Les manifestants et casseurs arrêtés hier soir au cours de l'émeute survenue au centre-ville de Montréal pourraient être accusés en vertu de la nouvelle loi 78, a assuré aujourd'hui le ministre des Transports Pierre Moreau, en entrevue avec La Presse.

Philippe Teisceira-Lessard LA PRESSE

Selon lui, il est normal que les policiers montréalais n'aient pas pu disperser la foule dès que la marche eut été qualifiée d'illégale en vertu de la loi spéciale. Deux heures plus tard, la situation dégénérait complètement et des incendies étaient allumés au centre-ville.

Soixante-neuf personnes ont été arrêtées au cours de la soirée et de la nuit.

«Il y a certainement des dispositions de la loi 78 qui pourraient s'appliquer à la manifestation d'hier, c'est clair», a-t-il affirmé.

«Ce n'est pas parce qu'une loi est adoptée que vous allez freiner en 35 secondes tout le monde qui pose des gestes illégaux. Par contre, l'application de la loi fait en sorte qu'au fur et à mesure que les policiers font leur travail, et ça peut prendre un certain temps, ils sont à même de déposer contre ces gens-là des accusations qui sont à la mesure des gestes odieux qu'ils posent et des actes criminels qu'ils commettent.»

Visiblement furieux de voir Montréal à feu et à sang quelque 24 heures après l'adoption d'une loi supposée rétablir la paix sociale, M. Moreau ne mâche pas ses mots.

«C'est inacceptable d'allumer des incendies au coeur d'une ville et, surtout, c'est absolument odieux d'empêcher les pompiers de faire leur travail et de s'en prendre aux pompiers. Ces gens doivent subir les foudres de la loi», a-t-il lancé en entrevue téléphonique. «Ce sont des criminels. Ces gens-là doivent être arrêtés. On ne peut pas mettre le feu à la ville et empêcher les pompiers d'éteindre l'incendie.»

Questionné quant au délai nécessaire pour que la loi 78 ait les effets escomptés par le gouvernement et mette fin aux débordements, le ministre  n'a pas voulu faire de prédiction. Il soutient que les événements d'hier ne s'inscrivent pas dans une escalade de la violence, puisque ce sont des actes aussi graves qui ont poussé le gouvernement à mettre cette loi de l'avant.