Les reporters qui couvrent les manifestations subissaient déjà de l'intimidation, mais la loi d'exception adoptée hier risque d'empirer la situation, craint la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ).

Émilie Bilodeau LA PRESSE

Hier matin, trois photographes qui suivent souvent des rassemblements ont joint la fédération pour partager leurs craintes. «Des journalistes ont déjà été pris à partie par certains manifestants. On craint que ça augmente et que [la loi spéciale] donne une nouvelle raison aux manifestants de s'en prendre aux journalistes. Les gens pourraient craindre d'être pris en photo et qu'ensuite il y ait des preuves de leur présence dans des manifestations qui seraient déclarées illégales», explique Sylvain Larocque, vice-président de la FQJQ.

Les inquiétudes de la fédération ne visent pas seulement les photographes et les caméramans. Les journalistes risquent d'avoir de la difficulté à obtenir des témoignages au cours des rassemblements. Plusieurs témoins pourraient refuser de dévoiler leur identité ou de répondre à des questions des reporters de peur d'être reconnus et de devoir payer une amende de plusieurs milliers de dollars.

De leur côté, les policiers pourraient être davantage intéressés par les images prises par les photographes et les caméramans. «La loi pourrait avoir l'effet d'augmenter les possibilités de saisie de matériel journalistique et si c'était le cas, les médias devraient se défendre devant les tribunaux», dit M. Larocque.