Jean Charest défend la commission Bastarache. À quelques heures du témoignage de l'ancien ministre de la Justice Marc Bellemare sur le processus de nomination des juges, le premier ministre a qualifié la commission d'«extrêmement importante pour la crédibilité des tribunaux».

Mis à jour le 24 août 2010
Anabelle Nicoud LA PRESSE

«C'est très sérieux. Quand un ancien ministre de la Justice remet en question la crédibilité des tribunaux, je crois que le gouvernement n'avait pas d'autre choix que de faire tous les gestes nécessaires pour s'assurer que l'on aille au fond des choses», a expliqué Jean Charest à l'issue du lancement officiel de la campagne électorale de Jean-Marc Fournier dans Saint-Laurent.

Hier matin, un sondage Angus Reid-La Presse a révélé que les Québécois jugent toujours Marc Bellemare plus crédible que Jean Charest, et ce, en dépit des nombreux volte-face de l'ex-ministre de la Justice. La mise sur pied de la commission Bastarache n'a pas suffi à redresser la confiance des Québécois en Jean Charest.

«Je n'ai jamais commenté les sondages, car il faut toujours prendre ça avec un gros, gros, gros grain de sel, a répondu M. Charest. (La Commission) fait son travail. On n'a aucune raison de penser qu'elle n'ira pas au fond des choses. Pour le reste, pour la politique, les Québécois ont soif de débats qui ne soient pas personnalisés, mais qui portent sur les vraies choses.»

Venu prêter main-forte à Jean-Marc Fournier, candidat du Parti libéral du Québec dans la circonscription de Saint-Laurent, Jean Charest a aussi défendu le bilan de son gouvernement. «On a recréé tous les emplois détruits depuis le début de la crise. Notre gouvernement n'a pas fait le choix de la souveraineté, mais a rassemblé les Québécois sur l'économie», a-t-il dit.

En prévision de l'élection législative partielle, Jean Charest a aussi profité de l'occasion pour éreinter le candidat rival de Jean-Marc Fournier, le péquiste Philippe Leclerc. «Madame Marois place l'élection sous le signe de la souveraineté. Bravo pour la clarté, comme ça les gens sauront à quoi s'en tenir ici», a-t-il affirmé.

Appelé en renfort à la suite de la démission du ministre de la Sécurité publique et député de Saint-Laurent Jacques Dupuis, Jean-Marc Fournier, proche de Jean Charest, est le ministre de la Justice dans le nouveau gouvernement Charest: «Jean-Marc Fournier est un homme formidable qui aura l'occasion d'aller vers les gens de Saint-Laurent, a soutenu le premier ministre. L'enjeu de l'élection, c'est madame Marois qui le dit, c'est la souveraineté. Alors si c'est ça, Jean-Marc porte une autre vision, portée elle, sur l'économie.»

Plusieurs ministres assistaient à la soirée de lancement de la campagne électorale, notamment Line Beauchamp, Christine St-Pierre et Raymond Bachand. L'élection aura lieu le 13 septembre.