Il y a quelque chose de beau qui se prépare à Québec demain, dans ces mères qui organisent cette marche, « Du pain et des forêts ». Si vous entendez dans « Du pain et des forêts » l’écho de la marche « Du pain et des roses » menée par Françoise David, vous ne rêvez pas. C’est voulu.

Publié le 7 mai

C’est l’alliance de deux groupes de mères, qui militent depuis peu. D’un côté, Ma place au travail, qui, comme son nom ne l’indique pas, exige depuis un an plus de places en garderie. De l’autre, Mères au front, qui alerte sur l’urgence climatique.


Ma place au travail est mené par Myriam Lapointe-Gagnon, depuis un an. Mères au front, par Anaïs Barbeau-Lavalette, depuis deux ans. Pour la fête des Mères, les deux femmes songeaient, chacune de leur bord, à une action d’éclat.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Anaïs Barbeau-Lavalette

C’est MLG qui a contacté ABL, après avoir demandé à Françoise David si une alliance des deux groupes était une bonne idée. C’est ainsi qu’est née « Du pain et des forêts ».

Dans cette image, quelque chose lie les deux types de préoccupation qui occupent nos esprits. La préoccupation immédiate (le pain) : les fins de mois, le travail, la garderie. La préoccupation existentielle (la forêt) : la destruction du vivant, qui est à la fois abstraite et concrète.

En parlant avec Myriam, on s’est rendu compte que nous avions atteint notre point limite d’être en colère en solitaire. Nous sommes tannées de protéger nos petits, seules.

Anaïs Barbeau-Lavalette, leader du mouvement Mères au front

Dans des entrevues séparées, les deux femmes me parlent de Françoise David avec une déférence chaleureuse. « Du pain et des roses », menée par Mme David en 1995, marche qui a vu des milliers de femmes marcher vers Québec pendant dix jours, a marqué les esprits. Mme David sera de « Du pain et des forêts », dimanche.

PHOTO PIERRE MCCANN, ARCHIVES LA PRESSE

La marche « du pain et des roses », menée par Françoise David (pas sur la photo), le 26 mai 1995

Myriam Lapointe-Gagnon n’est pas une contemporaine de la marche « Du pain et des roses », elle était enfant quand la présidente de la Fédération des femmes du Québec l’a organisée. Mais elle a vu un documentaire sur l’évènement : « J’ai trouvé ça incroyable et j’ai vu des liens à faire avec Ma place au travail. Dans les deux cas, il s’agit du recul des femmes, de lutter contre la pauvreté des femmes. »

Le lien entre garderie et pauvreté ? Eh bien, partout au Québec, des enfants n’ont pas de place dans des services de garde. Résultat : statistiquement, c’est majoritairement la mère qui reste à la maison pour s’occuper de l’enfant, c’est plus souvent elle qui ne peut reprendre le travail, qui met sa carrière sur la glace. Résultat, bis : le manque de places crée une précarité financière plus grande chez les femmes…

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Myriam Lapointe-Gagnon, fondatrice et porte-parole du mouvement citoyen Ma place au travail

Tant du côté de Ma place au travail que du côté de Mères au front, il y a une frustration face au pouvoir politique, l’impression lancinante que sur les places en garderie comme pour les cibles de réduction des émissions de GES, l’État n’a pas fait tout ce qu’il pouvait faire.


Anaïs : « Nos deux groupes se sont reconnus dans le sentiment d’être niaisées, aussi, de ne pas être reconnues. Quand les mères se fâchent, c’est que l’Histoire touche au boutte, qu’on est proches du mur. On s’est dit : on peut être amoureusement en tab… toutes ensemble, qu’on serait plus solides, ensemble. »


Combien de personnes seront à Québec, dimanche ?


La leader de Ma place au travail reste prudente, espère quelques milliers de personnes. « La réponse est au-delà de nos attentes, dit Myriam Lapointe-Gagnon. Tout le monde embarque. Ça permet à nos deux mouvements de grandir. »

LA FINALE — Il y a quelques semaines, je vous ai parlé de mon fils dont l’équipe s’était qualifiée pour la finale, après une demi-finale qui semblait impossible à gagner. Cette chronique était plus sur le côté formateur du sport, où on trouve des leçons de vie qui ne se révèlent souvent à nous que des années plus tard…


Vous avez été nombreux à me demander des nouvelles de la finale. Eh bien, à la demande générale, en voici…


Défaite de 2-0, défaite bien méritée.


Leçon de vie ?


Ne jamais sous-estimer l’adversaire, je dirais.


Merci à tous les bénévoles de toutes les assos du territoire qui se sont démenés pour une autre jolie saison de hockey, vous faites du bel ouvrage, groupe.