Selon une nouvelle étude de Recyc-Québec, plus de 40 % des aliments deviennent des résidus alimentaires, dont une bonne partie est destinée à l’enfouissement. Les principaux coupables sont les familles québécoises et l’industrie de la transformation.

Publié le 15 juin
Éric-Pierre Champagne
Éric-Pierre Champagne La Presse

7,5 millions

Poids total des aliments qui sont entrés dans la chaîne d’approvisionnement au Québec en 2019, soit 7,5 millions de tonnes. Ce qui équivaut à 2,43 kg par habitant par jour.

3,1 millions

Poids total des résidus alimentaires au Québec, soit 3,1 millions de tonnes. Ce qui équivaut à 1,01 kg par habitant par jour.

Photo MICHAEL F. MCELROY, archives the new york times

Qu’est-ce qu’un résidu alimentaire ?

Le rapport de Recyc-Québec intitulé Étude de quantification des pertes et gaspillages alimentaires au Québec, dévoilé ce mercredi, fait état des résidus alimentaires, composés des aliments comestibles perdus ou gaspillés et des parties non comestibles associées. La première catégorie fait évidemment référence à la nourriture non consommée, tandis que la deuxième concerne notamment les os d’animaux et pelures de fruits et légumes.

Quels aliments sont le plus gaspillés ?

Les fruits et légumes représentent près de la moitié des aliments gaspillés dans la province, loin devant les grandes cultures. Cette catégorie inclut notamment les pertes lors de la mouture des grains et le broyage des oléagineux.

Qui produit le plus de résidus alimentaires ?

C’est dans l’industrie de la transformation que l’on retrouve la plus grande proportion de résidus alimentaires, suivie des ménages québécois.

Qui gaspille le plus de nourriture ?

Ici, les ménages québécois devancent le commerce de détail et les industries de la production et de la transformation alimentaires. Pour les ménages, on parle de 339 198 tonnes gaspillées annuellement.

Où vont les résidus alimentaires ?

Plus du tiers des résidus alimentaires au Québec se retrouvent dans des sites d’enfouissement. Seulement le quart finit au compostage. La même proportion est réutilisée en alimentation animale.

La moitié des aliments comestibles sont jetés

Pour les aliments comestibles, c’est près de la moitié qui va directement à la poubelle au moment où les sites d’enfouissement de la province débordent.

20,2 millions

Nombre de millions de tonnes de CO2 associées au système bioalimentaire québécois, soit 20,2 millions de tonnes d’équivalent CO2. Les aliments comestibles gaspillés représentent 17,7 % de ce total, soit 3,5 millions de tonnes d’équivalent CO2.

Réduire l’enfouissement, une priorité

Ce rapport constitue une première pour Recyc-Québec, qui voulait « mesurer l’ampleur du phénomène du gaspillage alimentaire au Québec afin d’amener des pistes de solution pour l’avenir », explique Sophie Langlois-Blouin, vice-présidente, performance des opérations, chez Recyc-Québec. L’une des priorités pour l’organisation sera notamment de réduire la quantité de nourriture qui se retrouve dans les sites d’enfouissement, signale la vice-présidente. « Le point positif de cette étude, c’est qu’elle fait la distinction entre les aliments non comestibles et les aliments comestibles qui sont gaspillés, signale Éliane Brisebois, qui est coordonnatrice et agente de recherche à la Chaire de recherche sur la transition écologique de l’UQAM. Ça donne de moins gros chiffres, mais le problème [du gaspillage alimentaire] reste tout de même grave. »

17 %

Une étude du Programme des Nations unies pour l’environnement a estimé que 931 millions de tonnes de nourriture ont été jetées en 2019, soit 17 % de la nourriture totale disponible sur la planète.