Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, a prévenu vendredi que l’ampleur des réparations qui devront être faites sur le réseau électrique québécois dans les prochains jours était « gigantesque », appelant de nouveau la population à la patience et à la compréhension dans ce contexte.

Mis à jour le 27 mai
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« L’expérience qu’on vit actuellement est sans commune mesure avec celle de 2019, qui avait touché plus de monde. Mais là, on voit que la nature des réparations à apporter au réseau est gigantesque. […] C’est très accidenté, donc c’est un double travail. Oui, il y a la panne, mais il y a aussi le chemin pour se rendre à la panne », a-t-il lancé en conférence de presse à Lachute, dans les Laurentides.

Plus de 2000 personnes sont toujours à l’œuvre et travaillent environ 12 heures par jour pour rétablir le courant. « On parle d’arbres matures de 50 centimètres, donc c’est énergivore, ça prend beaucoup de temps, mais soyez assurés que tous les efforts sont mis pour régulariser la situation », a dit le ministre.

Reconnaissant que la patience de bien des Québécois a été « mise à rude épreuve », ce dernier assure toutefois que les efforts n’ont pas été « diminués », mais bien au contraire « augmentés », avec entre autres l’arrivée de renforts provenant notamment du Nouveau-Brunswick.

Deux jours pour réalimenter 40 clients

Sur place, le vice-président exécutif et chef de l’exploitation et de l’expérience client chez Hydro-Québec, Éric Filion, a aussi rappelé que la tâche était pour le moins délicate. « Ici, au lac Sir-John, on a une quarantaine de clients et des arbres de plus d’un mètre de diamètre tombés sur nos fils, qui ont arraché des poteaux. On va devoir faire le ménage de la végétation, planter des poteaux dans le roc. Ça va prendre au moins deux jours de travail pour réalimenter 40 clients », a-t-il dit, pour illustrer l’ampleur « colossale » des réparations qui restent à faire.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, des rafales ont malheureusement augmenté le nombre de clients en panne, qui est remonté au-dessus de 40 000 au Québec. « Heureusement, on suspecte que ce sont de petits arbres qui ont touché à nos fils, donc ça devrait se rétablir plus rapidement. Mais la balance initiale, le 30 000 sur lequel on s’affaire, on espère amener ça autour de 20 000 [samedi] matin. On a encore un très gros week-end », a confié M. Filion.

« La pluie va évidemment ralentir un peu nos travaux de construction », a-t-il aussi prévenu, se disant conscient qu’au sixième jour des pannes, l’impatience des gens monte. « Les gens ont hâte de retrouver le service électrique, mais on demande encore une fois de ne pas toucher aux arbres, de ne pas s’approcher des fils. C’est très important », a-t-il martelé.

« S’il vous plaît, ne vous improvisez pas spécialistes en énergie. Éloignez-vous des fils dans votre secteur, s’il y en a encore qui traînent », a également imploré le ministre Jonatan Julien, en soulignant toutefois la « solidarité citoyenne et communautaire » et l’accueil chaleureux réservé aux équipes d’Hydro-Québec. « Les équipes me disent qu’elles ont un accueil en héros. Et je pense qu’elles le sont », a-t-il conclu.

En début d’après-midi vendredi, il restait près de 30 000 clients en panne liés à l’évènement de samedi. « À ce stade, 93 % des clients affectés ont été rétablis », a indiqué Hydro-Québec sur Twitter, en ajoutant que de nouvelles pannes se sont déclarées dans les Laurentides. Parmi eux, 13 100 étaient en panne depuis le week-end, a précisé un porte-parole en soirée.

« Pour environ 5 % des interruptions (environ 28 000), le délai de rétablissement pourrait aller à la fin de semaine », a prévenu la société d’État. Les régions les plus touchées sont Lanaudière, les Laurentides et l’Outaouais.

En savoir plus

  • 11
    Au moins 11 personnes en Ontario et au Québec ont perdu la vie à cause du mauvais temps de samedi dernier. La dernière mort, signalée jeudi, est celle d’un homme de 58 ans qui a péri lorsqu’un arbre s’est effondré dans une région éloignée de la municipalité de Marmora and Lake.
    Source : Police provinciale de l’Ontario