(Contrecœur) Une carcasse de baleine a été aperçue et photographiée jeudi matin vers 10 h, dans le fleuve Saint-Laurent, près de Contrecœur, en Montérégie, mais elle a dérivé avec le courant et n’a pu être retrouvée par la suite.

Mis à jour le 26 mai
Pierre Saint-Arnaud La Presse Canadienne

Il s’agit de toute évidence, d’un petit rorqual, « vraisemblablement » l’un des deux cétacés qui s’étaient égarés à Montréal il y a quelques semaines, selon Robert Michaud, président du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM).

Deux petits rorquals avaient en effet été aperçus au début du mois dans le fleuve Saint-Laurent près de Montréal.

Des craintes pour leur survie avaient été évoquées, puisqu’ils se trouvaient loin de leur habitat habituel.

Difficile à trouver

« On n’a pas de doute qu’un petit rorqual était là, mais ça se peut qu’il flotte entre deux eaux, ça dépend seulement de son niveau de décomposition », a avancé M. Michaud pour expliquer le fait qu’il n’a pu être retracé. La Presse Canadienne a longé le fleuve jusqu’à Sorel sans en retrouver la trace non plus.

« Il pourrait être peu visible, s’être accroché quelque part dans une bouée ou quelque chose d’autre. À un moment donné, le courant va le décrocher et on va le revoir », a dit croire le président du GREMM, ajoutant que l’on mettrait fin aux recherches et laisserait le temps faire son œuvre pour le ramener à la surface et qu’il s’échoue.

Selon les conditions de dégradation de la baleine, « on pourrait faire une nécropsie », a mentionné M. Michaud, en précisant que cette tâche reviendrait à des étudiants en médecine vétérinaire de l’Université de Montréal.

Une histoire de pêche hors de l’ordinaire

C’est un pêcheur assidu de Contrecœur, Ronald Gosselin, qui a aperçu la carcasse du mammifère marin : « Je l’ai vu à la hauteur du port à Contrecœur vers 10 h ce matin. J’étais dans mon bateau et je remontais avec mes “chums” pour faire une autre descente de pêche au doré et au large j’ai aperçu quelque chose – les gars avaient fait une farce ce matin comme quoi on trouverait peut-être les baleines – et il y avait une forme bizarre. Nous sommes allés voir et c’était bien ça », a-t-il raconté en entrevue avec La Presse Canadienne.

« Elle flottait. On était dans 50 pieds d’eau. Elle flottait entre les bouées vertes et rouges et elle dérivait avec le courant. » Le courant est assez « puissant à cette hauteur du fleuve Saint-Laurent », a-t-il souligné.

M. Gosselin, qui dit faire quelque 80 sorties de pêche tous les ans, a pris des photos qu’il a partagées sur les réseaux sociaux, mais ce n’était pas sa première rencontre avec des cétacés : « Dans ma vie j’ai vu deux ou trois baleines, dont une qui était échouée à Contrecœur. Ils l’avaient sortie et ça ne sentait pas bon. J’ai vu plusieurs phoques morts. J’en ai aussi vu des vivants qui ont mangé mon doré », s’est-il esclaffé.

« C’est sûr que je vais me faire tirer la pipe et que je vais en entendre parler », a conclu le sexagénaire, convaincu que cette histoire de pêche inusitée le suivra longtemps.