Un vélo fantôme a été installé samedi sur le chemin de l’Anse-à-l’Orme, dans l’ouest de l’île de Montréal, pour honorer la mémoire d’Irène Dehem, une cycliste happée mortellement à cet endroit un an auparavant.

Publié le 21 mai
Frédérik-Xavier Duhamel
Frédérik-Xavier Duhamel La Presse

Quelques dizaines de personnes se sont rassemblées sous un soleil de plomb pour la cérémonie, lors de laquelle ont alterné les hommages à la victime et les appels à l’action.

Mme Dehem a été décrite par ses proches comme une femme prudente et appréciée de tous. Elle a perdu la vie le 18 mai 2021 après une collision avec une voiture qui circulait en direction sud et qui s’est écartée de sa voie, heurtant la cycliste qui roulait en direction nord.

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Irène Dehem a été happée mortellement par une voiture le 18 mai 2021.

« Ma mère est l’exemple même que nos précautions personnelles ne suffisent parfois pas. Nous devons aussi prendre des précautions en tant que société », a dit Friedrich Dehem-Lemelin, l’un des trois fils de la victime. « Une bande cyclable comme ici n’est pas une infrastructure adéquate », a-t-il dénoncé, faisant référence à la simple ligne de peinture qui sépare le trafic automobile des cyclistes sur le chemin de l’Anse-à-l’Orme.

« Depuis la création de Vélo fantôme en 2013, ce vélo est le 17vélo blanc que nous posons. Beaucoup ont été posés sur de larges voies de transit, comme ici », a déploré Shanti Larochelle, une porte-parole de l’organisme. « Leur configuration incite trop souvent les conducteurs de véhicules motorisés à aller vite, au détriment de la sécurité. »

Elle a également dénoncé les distractions au volant et la méconnaissance des automobilistes de la distance minimale réglementaire à maintenir lorsqu’ils dépassent un cycliste, soit 1 ou 1,5 m en fonction de la limite de vitesse, d’après le Code de la sécurité routière.

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Quelques dizaines de personnes se sont rassemblées sous un soleil de plomb pour la cérémonie, lors de laquelle ont alterné les hommages à la victime et les appels à l’action.

Le Service de police de la Ville de Montréal a enquêté sur la collision, mais n’était pas en mesure de dire samedi si des accusations criminelles avaient été déposées contre l’automobiliste qui a fauché Mme Dehem. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales n’avait pas répondu aux questions de La Presse à ce sujet au moment où ce texte a été publié.

Plusieurs élus locaux étaient sur place lors de la cérémonie. Marianne Giguère, conseillère associée aux transports actifs au comité exécutif de la Ville de Montréal, a assuré que la Ville « a toujours la volonté d’ajouter le plus de kilomètres possible de pistes cyclables protégées », un travail « de très longue haleine » qui inclut la mise à niveau de pistes existantes. Mais en fin de compte, « tout le monde y gagne, toute la rue est apaisée, toute la rue est humanisée », a-t-elle soutenu, citant l’exemple du Réseau express vélo, rue Saint-Denis.

En ce qui concerne le chemin de l’Anse-à-l’Orme, Mme Giguère a dit attendre le rapport du coroner avant de se pencher sur les solutions à adopter pour rendre la piste cyclable plus sûre, s’il y a lieu.

Selon le dernier bilan de la Société de l’assurance automobile du Québec, 16 cyclistes sont morts sur les routes de la province en 2021.