Le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Daniel Boyer, a annoncé lundi qu’il ne sollicitera pas un nouveau mandat en novembre prochain.

Publié le 16 mai
La Presse Canadienne

M. Boyer, qui occupe ce poste depuis 2013, a annoncé lundi midi, lors d’une rencontre du Bureau de direction de la FTQ, qu’il ne serait pas candidat à sa réélection au congrès de la centrale, en novembre prochain à Montréal.

M. Boyer avait été élu une première fois à titre de secrétaire général de la FTQ en 2010, poste qu’il a occupé jusqu’à son élection à la présidence de la Fédération en 2013, succédant à Michel Arsenault.

Daniel Boyer était préposé aux bénéficiaires dans un CHSLD à Verdun, « pour payer ses études en enseignement », lorsqu’il a commencé à militer dans le mouvement syndical en 1978, indique un communiqué de la FTQ, qui représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses au Québec.

Il a ensuite gravi les échelons de l’action syndicale, devenant tour à tour vice-président puis président de son unité locale, puis conseiller syndical et président du Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES-298), avant d’être élu à la haute direction de la FTQ.

Le 3 avril dernier, M. Boyer annonçait, avec les dirigeants de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la formation d’un « front commun » des trois plus importantes centrales syndicales du Québec, en vue des négociations des conventions collectives du secteur public de 2023.

« Tout au long de sa carrière, Daniel Boyer n’a cessé de se battre pour revendiquer de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires, ainsi que pour sortir les personnes plus démunies de la pauvreté, et ce, en utilisant toutes les tribunes qui lui ont été offertes, indique la FTQ. À chacune de ses interventions, Daniel Boyer n’a cessé de militer pour un meilleur dialogue social avec les gouvernements. »

M. Boyer aura connu un printemps mouvementé. Le 28 avril dernier, on apprenait qu’une femme avait été, il y a 10 ans, victime de harcèlement sexuel et d’agression de la part de Rénald Grondin, alors directeur de l’Association des manœuvres interprovinciaux, de la FTQ, ce qui ne l’a pas empêché ensuite de devenir président de l’importante FTQ-Construction. M. Grondin a démissionné le jour même de la publication de ces révélations dans La Presse.

Daniel Boyer avait alors écrit dans un communiqué que la démission de M. Grondin « ne devrait pas mettre fin à la conversation » sur le harcèlement sexuel en milieu de travail. « On doit se questionner sur l’impunité qui a permis à cet homme d’atteindre la présidence d’un des plus grands syndicats québécois », écrivait-il.

Puis, le 3 mai, la FTQ-Construction a annoncé qu’elle avait adopté un « plan d’action afin de se doter dans les plus brefs délais de mesures contrant le harcèlement psychologique et sexuel ». Une mesure qui n’avait pas convaincu le ministre du Travail du Québec. Jean Boulet a alors demandé directement au président de la FTQ, Daniel Boyer, de « faire la lumière » sur l’affaire Grondin.

Le lendemain, la FTQ et la FTQ-Construction ont annoncé la tenue d’une enquête indépendante afin « d’aller au fond des choses » dans ce dossier. Les deux organisations ont d’ailleurs fait savoir lundi qu’elles confiaient à Me Anaïs Lacroix, une avocate spécialisée en droit du travail au sein de la firme Latitude Management, le mandat de mener cette enquête.