(Québec) Le gouvernement Legault reconnaît aux citoyens opposés aux mesures sanitaires le droit de manifester, mais il prévient qu’aucun débordement ne sera toléré ces prochains jours à Québec et qu’il ne faut surtout pas empêcher les familles d’avoir accès à Bonhomme et au Carnaval, qui commence vendredi.

Mis à jour le 2 février
Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse
Gabriel Béland
Gabriel Béland La Presse

Alors que l’organisateur d’un convoi qui se dirige vers la capitale a annoncé vouloir « jammer » Québec et que « ça va être un siège », à l’image de ce qui est vécu depuis des jours à Ottawa, la ministre de la Sécurité publique et responsable de la région de la Capitale-Nationale, Geneviève Guilbault, a tracé une ligne à ne pas franchir.

« Ça dépend ce qu’on entend par “ jammer » une ville, mais si on entend empêcher des gens de circuler, empêcher des gens de vivre normalement, empêcher les enfants et les parents d’aller voir Bonhomme et de faire leurs affaires, je pense que non, ce n’est pas acceptable », a-t-elle dit.

« Le Carnaval à Québec, c’est important, [et] ce serait paradoxal d’embêter ou d’empêcher les gens de participer au Carnaval par une manifestation qui serait débordante ou qui serait irrespectueuse ».

Mme Guilbault a indiqué que la Sûreté du Québec (SQ), qui assure la sécurité des élus de l’Assemblée nationale, était en discussions avec Service de police de la Ville de Québec (SPVQ).

« Voyant venir l’affaire, et voyant ce qui s’est passé à Ottawa, la Sûreté du Québec s’est rapidement mis en contact avec le SPVQ et ils ont fait une stratégie globale, dit-elle. On va voir comment ça évolue. Si on voit que c’est pacifique et que ça se passe bien, il n’y a pas de raison d’envenimer la chose. »

Le SPVQ croit que les camions partiront dimanche

Le SPVQ a tenu une conférence de presse mercredi pour rassurer la population. La police assure avoir « une très bonne collaboration » des organisateurs des convois qui arriveront dès jeudi dans la capitale.

Les policiers s’attendent à ce que les camions repartent dimanche, mais n’en sont pas certains.

« Présentement ce rassemblement au-delà de samedi on n’a pas d’indication qu’il y aura encore des gens présents », a expliqué le directeur adjoint du SPVQ, André Turcotte.

Un premier convoi nord-côtier organisé par Kevin Grenier et Bernard Gauthier est attendu dès jeudi. Un convoi de la Beauce organisé par Keven Bilodeau doit quant à lui arriver samedi, tout comme un convoi du Bas-Saint-Laurent piloté par Kévin Laurendeau.

Le SPVQ a voulu se faire rassurant mercredi, même si les manifestations se poursuivent à Ottawa au grand dam du maire Jim Watson.

« Je désire rassurer la population. À l’heure actuelle le SPVQ est en contact avec des gens de différents groupes », a dit M. Turcotte.

Les policiers ont expliqué vouloir « établir des zones où ce sera tolérable et toléré d’avoir ces camions-là », sans plus de détails. « Aucun acte de vandalisme ou de violence ne seront tolérés », insiste M. Turcotte.

Kevin Grenier, qui estime que le passeport sanitaire « c’est du racisme vaccinal », a expliqué dans une vidéo mercredi que les organisateurs vont « avoir une petite milice à l’interne » pour assurer l’ordre.

« On est un peu comme un beau-frère qui va arriver dans votre ville, que ça fait longtemps que vous n’avez pas vu. On est ben, ben, ben friendly », a assuré M. Grenier.

Il a été impossible de parler à un organisateur. Bernard « Rambo » Gauthier a expliqué dans une vidéo avoir donné la consigne de ne pas parler aux médias.