La grève des chauffeurs d’autobus se poursuit à Laval : ils se sont rassemblés par centaines pour manifester samedi. Aucun autobus ne circulait dans la municipalité, après une journée où l’offre de service a été réduite.

Mis à jour le 27 nov. 2021
Coralie Laplante
Coralie Laplante La Presse

Les chauffeurs d’autobus de la Société de transport de Laval (STL) brandissaient des drapeaux blancs aux couleurs de leur syndicat, au son des trompettes. Les manifestants ont marché du Terminus Montmorency jusqu’au Terminus Le Carrefour.

Plusieurs enjeux expliquent le conflit qui divise actuellement la STL et le syndicat des chauffeurs d’autobus, notamment les circuits d’autobus lorsque la demande n’est pas suffisante, les horaires et les salaires des employés.

« En ce moment, ce que l’employeur nous propose, ça va seulement appauvrir nos employés. Ils ne tiennent aucunement compte de ce qu’on vit en ce moment […], du coût de la vie qui est en augmentation constante », dénonce Patrick Lafleur, président du Syndicat des chauffeurs d’autobus de la STL (SCFP 5959) .

« Nous leur avons proposé de négocier avec eux dans la journée d’hier [vendredi] et hier soir afin d’éviter la grève [de samedi], mais ils ont préféré attendre le médiateur [lors] de notre rencontre prévue lundi prochain », poursuit M. Lafleur, en entrevue avec La Presse.

PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

Plusieurs enjeux expliquent le conflit qui divise actuellement la STL et le syndicat des chauffeurs d’autobus, notamment les circuits d’autobus lorsque la demande n’est pas suffisante, les horaires et les salaires des employés.

La STL déplore pour sa part qu’elle ait déjà renouvelé la convention collective des employés de bureau et de l’entretien dans un « contexte financier difficile ». L’« offre globale déposée auprès du Syndicat est équitable et comparable à celles-ci », a évoqué la STL, par voie de communiqué.

Le Syndicat des chauffeurs de la STL a pris la décision de faire la grève durant la fin de semaine du Vendredi fou, dans le but d’avoir un impact sur l’achalandage dans les magasins. Une première journée de grève a eu lieu le 3 novembre.

« La population en otage »

La STL a blâmé le syndicat d’« instrumentaliser inutilement » sa clientèle en réduisant et en suspendant l’offre de transport en commun lors de la grève. Une accusation que dément le syndicat.

« On accuse la STL de prendre la population en otage », affirme plutôt le secrétaire général, Anthony Latour.

Selon Pierre-Yves Sylvestre, porte-parole du syndicat à la table des négociations, la STL n’est pas suffisamment disponible afin de négocier. « On a donné une vingtaine de dates [de disponibilités] avec le médiateur. Eux, ils en avaient quatre, cinq », déplore-t-il.

La grève, c’est un droit fondamental. On ne l’exerce pas par plaisir, on l’exerce parce qu’on est au bout du rouleau.

Pierre-Yves Sylvestre, porte-parole du syndicat à la table des négociations

« Les transports en commun, c’est la voie de l’avenir. On est en transition, on a besoin de bons chauffeurs, il faut investir », renchérit M. Sylvestre.

Le TAT intervient

Vendredi, le service d’autobus de la STL a été offert selon un horaire ajusté, et aucun autobus ne circulait samedi, jusqu’à 4 h dimanche matin. Ces moyens de pression ont été employés à la suite d’une décision du Tribunal administratif du travail (TAT), qui les autorisait.

Lundi, la STL avait demandé au TAT de prendre une décision temporaire, puisqu’elle jugeait les moyens de pression de ses employés illégaux. La Société déplore les effets néfastes de la grève sur les citoyens qui se déplacent en transports en commun.