Parcs sécuritaires, services de garde de qualité, accès au logement abordable, soutien aux organismes communautaires ; les priorités des parents de jeunes enfants sont nombreuses dans le cadre des élections municipales, révèle un nouveau rapport publié ce jeudi. L’organisme derrière ce coup de sonde appelle les villes à acquérir un « réflexe » pour les tout-petits.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Ce qu’on voit, c’est qu’il y a vraiment des municipalités qui ont développé ce réflexe de penser aux plus jeunes, mais d’autres moins. À certains endroits, on offre beaucoup de services aux enfants d’âge scolaire ou aux adolescents, mais on pense moins aux enfants en bas âge », affirme la directrice de l’Observatoire des tout-petits (OTP), Fannie Dagenais.

En somme, près de 60 % des 1001 parents qui ont répondu au sondage ciblent la multiplication de lieux publics et de parcs « sécuritaires et adaptés » comme priorité. Viennent ensuite des services de garde « de qualité » (56 %) et une aide récurrente aux organismes communautaires soutenant les familles (49 %).

Plus de trois parents québécois sur cinq (60 %) estiment que leur municipalité n’en fait « pas assez » pour répondre à leurs besoins en matière de logement, abordable et social entre autres. Environ 43 % d’entre eux estiment aussi que leur mairie « en fait peu pour favoriser le bien-être et le développement de leur enfant ».

« Il faut créer un tissu social autour des familles les plus vulnérables », affirme Mme Dagenais à ce sujet. Elle soutient qu’une forte majorité des jeunes parents – environ 80 % d’entre eux – s’accorde pour dire que leur ville est en mesure de réduire les inégalités sociales sans l’aide de Québec ou d’Ottawa. « Ces inégalités, on le sait, ont été accentuées par la pandémie. Ce sont les familles vulnérables qui ont subi le plus de pertes d’emplois et de revenus », indique-t-elle.

Signe que la pandémie a exacerbé certains phénomènes, 62 % des parents sondés placent aussi la maltraitance et la négligence envers les enfants comme une urgence à solutionner. La précarité financière des familles (48 %) vient par ailleurs au deuxième rang à ce chapitre.

Des modèles à suivre

Dans le rapport de l’OTP, on cite plusieurs « initiatives inspirantes » pour encourager les villes à en faire plus. Dans Lanaudière, par exemple, la Ville de Saint-Côme a investi près de 1 million de dollars il y a quelques années pour mettre sur pied un nouveau centre de la petite enfance (CPE) de 52 places, auquel s’est ensuite imbriqué un parc intergénérationnel.

« Si on avait simplement attendu après l’argent de Québec, ce CPE, on en parlerait encore aujourd’hui », illustre le maire sortant de la municipalité, Martin Bordeleau, qui est en fonction depuis 2013. Il affirme qu’à l’échelle de son village, le simple fait d’implanter une offre de services de garde « a fait venir plusieurs jeunes familles, en créant un sentiment de sécurité et en redynamisant les quartiers ».

M. Bordeleau affirme qu’à plus grande échelle, les impacts de projets menés de front par les municipalités sont décuplés. « Ce sont des choix politiques qu’il faut prendre. Il faut être entendus et casser un peu ce cercle-là. Je ne dis pas que les gouvernements n’ont pas leur rôle à jouer, mais il faut aussi cesser d’attendre après les fonds », soutient-il.

Au Québec, 78 municipalités ont déjà reçu la certification « municipalité-amie des enfants », qui découle d’un mouvement propulsé par l’UNICEF voulant reconnaître les efforts des villes qui intègrent les « droits des enfants dans leurs politiques, leurs règlements, leurs objectifs et dans leurs structures décisionnelles ».