(Saint-Jean) Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador va de l’avant avec son intention de retirer le mot « sauvages » de la description officielle des peuples autochtones représentés sur les armoiries de la province, vieilles de près de 400 ans.

La Presse Canadienne

Le premier ministre Andrew Furey a fait cette annonce mercredi, affirmant que son gouvernement avait déposé un projet de loi modifiant la Loi sur les armoiries.

Les modifications comprennent le retrait du mot « sauvages » et son remplacement par « Béothuks », le nom de la nation autochtone qui habitait l’île lorsque les colons européens sont arrivés.

De plus, le gouvernement prévoit ajouter le nom Labrador aux armoiries.

« Les actions qui respectent la culture et le patrimoine des peuples autochtones sont une étape importante sur la voie de la réconciliation », a déclaré Krista Lynn Howell, ministre des Affaires municipales et provinciales, dans un communiqué.

« Ces changements proposés font partie du processus de création d’un environnement inclusif dans la province et représentent un pas en avant pour garantir que les armoiries reflètent plus fidèlement les peuples et les cultures de Terre-Neuve-et-Labrador. »

Les armoiries représentent deux personnages autochtones, en costume traditionnel, debout de chaque côté d’un bouclier rouge.

En juin 2018, les libéraux au pouvoir avaient déclaré qu’ils abandonneraient la description archaïque et redessineraient les armoiries après que des dirigeants autochtones et la Commission des peuples autochtones du parti eurent appelé à des changements.

À l’époque, le politicien du Labrador Randy Edmunds avait déclaré que les Béothuks devaient être représentés pour honorer un groupe autochtone qui a été anéanti après que des colons ont empiété sur leurs terres, entraînant des conflits meurtriers et l’introduction de nouvelles maladies. Shawnadithit, le dernier Béothuk survivant connu, est mort de la tuberculose à Saint-Jean, en juin 1829.

M. Edmunds, un Inuk qui a été défait aux élections provinciales de 2019, a déclaré que d’autres groupes autochtones devraient également être reconnus. Et il a dit que l’utilisation du terme de « sauvages » était offensante.

En juin dernier, le premier ministre a confirmé que les modifications proposées seraient incorporées dans la législation à la suite de discussions avec les dirigeants autochtones. Une réunion plus tôt ce mois-ci a rassemblé des représentants des communautés mi’kmaq de la province, de la Nation innue et des Inuits du Labrador.

Le chef de la Première Nation Qalipu, Brendan Mitchell, a confirmé plus tard que tout le monde à la réunion virtuelle avait convenu que le terme insultant devait disparaître.

Mercredi, M. Furey a cité un questionnaire en ligne qui a révélé que 85 % des 200 personnes interrogées ont déclaré que la description légale des armoiries devrait retirer le mot « sauvages ».

Les armoiries originales ont été accordées par mandat royal du roi Charles Ier d’Angleterre en 1637. À l’époque, l’île de Terre-Neuve s’appelait Terra Nova et n’était pas encore rattachée au Labrador.

Le symbole a en fait été accordé à un syndicat d’entreprises connu sous le nom de Company of Adventurers to Newfoundland, qui semblait avoir peu de connaissances de la région.

Outre la description grossière des Béothuks, les armoiries comprennent une représentation d’un wapiti cabré, planant entre les deux guerriers. Cet animal n’est pas originaire de Terre-Neuve-et-Labrador.