Les évêques catholiques du Canada viennent de présenter leurs excuses aux peuples autochtones « pour la souffrance vécue dans les pensionnats indiens du Canada ».

Louise Leduc
Louise Leduc La Presse

« Nous reconnaissons les graves abus qui ont été commis par certains membres de notre communauté catholique : physiques, psychologiques, émotionnels, spirituels, culturels et sexuels, est-il écrit dans le communiqué. Nous reconnaissons également avec tristesse le traumatisme historique et continu, de même que l’héritage de souffrances et de défis qui perdure encore aujourd’hui pour les peuples autochtones. »

Dans cet acte de contrition, les évêques catholiques disent exprimer leur « profond remords ».

« Nous présentons des excuses sans équivoque. Nous sommes pleinement engagés dans le processus de guérison et de réconciliation. »

Ils promettent de s’engager à recueillir des fonds dans chaque région du pays pour aider les autochtones.

Le communiqué précise que le pape François recevra une délégation autochtone à Rome en décembre 2021.

Ghislain Picard, président de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, a indiqué à La Presse qu’« on peut certainement saluer l’ouverture des évêques catholiques », même si cela arrive tardivement.

Mais « les bons mots et les quelques actions proposées sont-ils à la hauteur des crimes commis et obtiendront-ils la faveur des survivants et de leur famille ? a-t-il demandé. Il reviendra à ceux-ci d’en mesurer la valeur ».

Dernière Église à s'excuser

L’Église catholique a géré la majorité des pensionnats du Canada. L’Église anglicane et l’Église unie avaient déjà présenté leurs excuses officielles, mais l’Église catholique, elle, s’y refusait jusqu’ici.

Un millier de sépultures anonymes d’enfants ont été trouvées aux abords de pensionnats pour autochtones.

Devant la tragédie, le gouvernement Trudeau a débloqué une enveloppe budgétaire de 27 millions pour soutenir les communautés autochtones qui voudraient entreprendre des fouilles.

Quelque 150 000 enfants autochtones ont été placés de force dans 139 pensionnats partout au Canada entre 1831 et 1996. Enlevés à leurs familles, ils y ont perdu leur langue et leur culture.

En 2015, une commission nationale d’enquête a qualifié ce système de « génocide culturel ».

De nombreux médias étrangers ont rapporté la découverte récente de tombes anonymes.

En juin, le premier ministre Justin Trudeau a reconnu que des actes criminels avaient eu lieu dans les pensionnats.