La réaction rapide d’un chef d’opérations de la STM – de même que la présence d’un des défibrillateurs cardiaques nouvellement installés dans les 68 stations du métro de Montréal – a permis de venir en aide à une victime d’un malaise dans l’arrondissement de Saint-Laurent en mai.

Nicolas Bérubé
Nicolas Bérubé La Presse

James Charles travaillait à la station de métro Côte-Vertu vers 15 h 30 le 25 mai dernier quand un passant est venu le voir en panique.

« Il m’a demandé si j’avais un défibrillateur cardiaque », dit-il.

Comprenant qu’une urgence médicale était en cours, M. Charles a couru jusqu’à la loge des agents de la station pour y saisir le défibrillateur.

« Puis je suis remonté sur le trottoir le plus vite que j’ai pu », dit M. Charles, qui travaille comme chef d’opérations pour la Société de transport de Montréal (STM).

PHOTO FOURNIE PAR LA SOCIÉTÉ DE TRANSPORT DE MONTRÉAL

James Charles, chef d’opérations à la Société de transport de Montréal

Sur le trottoir gisait un homme qui avait un peu plus de 70 ans. Sa femme était en état de choc à ses côtés.

Deux passants s’occupaient de la victime. L’un d’eux lui faisait un massage cardiaque. Des agents de la STM tenaient les badauds à distance.

« J’ai demandé qu’on fasse de l’espace autour de l’homme. On allait donner une décharge électrique, donc il fallait avoir de la place. »

Pendant que les bons Samaritains retiraient le chandail de la victime, M. Charles a tenté de prendre son pouls. « J’ai compris qu’il n’en avait pas. »

Guidé par les instructions vocales données par le défibrillateur, il a placé les électrodes sur la peau de l’homme. « Si la machine ne détecte pas de pouls, ou si le pouls est trop faible, elle nous demande d’appuyer sur le bouton pour activer la décharge. »

Après l’avoir fait, M. Charles a voulu voir si le cœur de la victime s’était remis à battre. Cette fois, il a senti un pouls.

Peu après, les pompiers sont arrivés, suivis des ambulanciers.

Quand tout a été terminé, les ambulanciers m’ont dit qu’une chance qu’on avait fait les manœuvres de réanimation et utilisé le défibrillateur, car c’est grâce à ça que la victime a pu retrouver un pouls.

James Charles, chef d’opérations à la Société de transport de Montréal

James Charles ne connaît pas l’état de santé de la victime, mais au moment du transport vers l’hôpital du Sacré-Cœur, les ambulanciers lui ont dit qu’il devrait s’en tirer.

Toujours pas de défibrillateurs au SPVM

Depuis ce printemps, chacune des 68 stations de métro de la STM possède un défibrillateur cardiaque, qui est placé à proximité des loges des agents de station, et reconnaissable par un logo avec un cœur rouge et les lettres DEA. On en trouve aussi à bord des véhicules des agents de sûreté et de contrôle ainsi que ceux des chefs d’intervention. Leur déploiement a d’ailleurs été annoncé par la STM au lendemain de l’intervention réalisée par James Charles.

PHOTO TIRÉE DU SITE DE LA SOCIÉTÉ DE TRANSPORT DE MONTRÉAL

Des défibrillateurs cardiaques ont été installés dans toutes les stations du métro de Montréal.

La question du déploiement des défibrillateurs est cruciale, car l’appareil gagne à être utilisé dans les premières minutes suivant un malaise cardiaque, souvent avant l’arrivée des premiers répondants. Selon les experts, chaque minute d’attente augmente le taux de mortalité de 7 % à 10 %.

En septembre 2019, Patrick Neely, jeune coureur de 24 ans, est mort après avoir eu un malaise cardiaque à moins d’un kilomètre de l’arrivée d’un demi-marathon au Marathon de Montréal.

Dans son rapport, la coroner Géhane Kamel a noté que l’absence d’un défibrillateur avait été un des facteurs de la mort de la victime. Une policière du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) se trouvait pourtant sur place, mais les policiers montréalais n’ont pas de défibrillateur.

Vérification faite, près de deux ans après la mort du jeune homme, cette situation demeure inchangée.

« Les premiers répondants sont équipés de défibrillateurs puisque ce sont eux qui sont appelés à intervenir lors d’urgences médicales, note le relationniste Darren Martin McMahon-Payette, du SPVM. […] Les véhicules de patrouille du SPVM ne sont toutefois pas munis de cet équipement. »

Ce sont les policiers qui arrivent généralement les premiers sur les lieux d’une urgence, souvent en trois à cinq minutes. Les ambulanciers peuvent en mettre le double avant de rejoindre la scène, et parfois davantage.

À la Sûreté du Québec, les quelque 900 voitures de patrouille sont munies d’un défibrillateur cardiaque depuis des années.

Du côté du Service de police de Laval, les policiers ont un défibrillateur cardiaque avec eux en tout temps, indique le service des communications. À la police de Longueuil, une partie des voitures de patrouille en sont munies. Les policiers d’Ottawa ont aussi des défibrillateurs cardiaques en leur possession dans chaque voiture de patrouille.