(Lytton) Deux personnes sont décédées dans l’incendie qui a ravagé le village de Lytton, en Colombie-Britannique, a évoqué le coroner en chef de la province, Lisa Lapointe, vendredi. De nombreuses personnes manquent également à l’appel.

Coralie Laplante
Coralie Laplante La Presse
La Presse Canadienne

Les rapports n’ont toutefois pas été officiellement confirmés, a précisé Lisa Lapointe. Le ministre de la Sécurité publique de la Colombie-Britannique, Mike Farnworth, n’a d’ailleurs pas évoqué combien de villageois demeurent introuvables.

Un incendie de forêt a ravagé à 90 % la petite municipalité cette semaine. Un total de 1000 personnes ont toutefois réussi à fuir les flammes.

Une citoyenne de Lytton a affirmé ne pas avoir été en mesure de se chausser avant de quitter son domicile.

Le feu semblait provenir de toutes les directions, et de la fumée noire se déversait sur la rue principale, a quant à elle décrit Noeleen McQuary-Budde, en racontant la fuite de son village à La Presse Canadienne.

Le premier ministre Justin Trudeau s’est entretenu vendredi avec le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, ainsi qu’avec le chef adjoint de la Première Nation Lytton, John Haugen.

Justin Trudeau a également discuté avec le maire de Lytton, Jan Polderman. Le premier ministre a affirmé que le gouvernement fédéral sera aux côtés des habitants de Lytton pour reconstruire la municipalité.

« J’ai discuté avec le maire Polderman et le chef par intérim Haugen de l’incendie de forêt qui a dévasté Lytton mercredi. Je leur ai dit que le gouvernement fédéral est prêt à les aider et va leur offrir le soutien dont ils ont besoin pour reconstruire. On est là pour vous », a écrit le premier ministre du Canada sur sa page Twitter.

Vendredi, 143 feux actifs faisaient rage en Colombie-Britannique. Il s’agit d’une augmentation de 77 incendies en deux jours.

Difficile de retrouver les disparus

Mike Farnworth reconnaît qu’il est difficile de dresser une liste précise d’où se sont réfugiés tous les résidents en raison de l’urgence dans laquelle s’est déroulée l’évacuation mercredi soir dernier.

Les autorités disent ne pas trop savoir si des gens pourraient toujours se trouver dans le village, en raison de l’absence de réseau cellulaire.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) explique que les détails se font rares concernant l’état des lieux dans le village puisqu’il est trop dangereux de se rendre sur place. Des images aériennes montrent toutefois que de nombreux immeubles et véhicules ont été détruits.

Les policiers sont prêts à entreprendre des recherches pour retrouver de possibles victimes blessées ou décédées dès qu’il sera sécuritaire de se rendre au village.

Au même moment, au nord-est, la ville de Kamloops est menacée à son tour par un incendie de forêt qui a forcé une évacuation jeudi soir.

Les flammes ont pris naissance pendant qu’un orage sévissait dans la région.

Le capitaine du service d’incendie, Troy Grant, ne pouvait pas fournir de nombre précis, mais a fait savoir que quelque 200 personnes du quartier Juniper Ridge ont été évacuées en raison de l’incendie qui progressait à toute vitesse en direction de ce secteur de Kamloops.

Troy Grant a affirmé que les services d’urgence étaient débordés et épuisés à combattre le brasier, mais à sa connaissance il n’y aurait toujours pas de dommages sur des bâtiments ni victimes blessées parmi les citoyens.

Pader Brach, directeur exécutif des opérations régionales d’Emergency Management BC, a déclaré que les incendies de structure entraînent de la fumée toxique, des produits chimiques et des gaz qui créent des conditions dangereuses.

Des responsables ont travaillé avec la Croix-Rouge pour mettre en place un centre d’appels pour les regroupements familiaux, alors que plus de 1360 maisons faisaient l’objet d’un ordre d’évacuation dans plusieurs régions différentes vendredi et environ 950 autres étaient en état d’alerte, a déclaré M. Brach.

Le responsable n’avait pas d’estimation du nombre de personnes du secteur de Lytton portées disparues, mais a déclaré que la Croix-Rouge recueillait ces informations.

C’est une période particulièrement difficile pour gérer l’évacuation de tant de personnes, a déclaré M. Brach, notant que certains lieux publics sont utilisés comme cliniques de vaccination contre la COVID-19 ou centres de rafraîchissement, car les avertissements de chaleur restent en place dans l’est de la Colombie-Britannique.