Une centaine de personnes sont réunies à la Place des Arts à Montréal en mémoire des quatre victimes de l’attaque du 6 juin à London, en Ontario, mais également pour dénoncer la haine et l’islamophobie.

Myriam Boulianne
Myriam Boulianne La Presse

« J’aurais aimé ça être ici dans une ambiance festive, mais malheureusement, ce n’est pas le cas », a entamé Samira Laouini, une des organisatrices de l’évènement, au micro, devant les personnes réunies.

Il n’y avait pas de bougies et peu de pancartes, mais l’émotion, elle, était palpable. Entre le choc, l’indignation et la colère, la communauté musulmane peine à mettre le doigt sur ce qu’elle ressent.

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Après que la foule a observé une minute de silence, plusieurs intervenants ont adressé un discours : organisateurs, imams, rabbins, citoyens engagés ou acteurs politiques. Puis à quelques reprises, les gens sur place ont scandé « Non à la haine ! »

Lorsqu’elle a su pour la tragédie, Samira Laouni s’est tout de suite rappelé l’attentat de la grande mosquée de Québec en 2017. « On a tout de suite été replongé dans cette période », relate-t-elle.

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Samira Laouni

Établie au Québec depuis 1998, cette dernière a remarqué une hausse de la haine envers la communauté musulmane. Cette augmentation, elle l’attribue aux préjugés, à la méconnaissance de la religion musulmane, aux réseaux sociaux et au dark web.

« [On a l’impression que] plus on travaille pour éradiquer cette haine, plus cette haine augmente », affirme celle qui est aussi fondatrice de COR, un organisme dédié aux rapprochements interculturels.

« La haine est devenue comme un cancer, elle est pire que le virus de la COVID-19. On a trouvé un vaccin pour la COVID-19, mais pas pour la haine », ajoute-t-elle.

Quant au représentant du Mouvement des droits des citoyens, Kamel Mohamed, il admet avoir vécu un « choc » lorsqu’il a appris pour l’attaque. Il espère que le gouvernement reconnaîtra l’existence de l’islamophobie au sein de la société et que le gouvernement agira afin de réglementer la haine envers toutes les communautés visibles.

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Kamel Mohamed

L’évènement est organisé par plusieurs organismes dédiés à la sensibilisation contre l’islamophobie et le racisme.

Dimanche soir, quatre membres d’une même famille d’origine pakistanaise ont été tuées lors d’une attaque à la voiture-bélier, dans la ville de London en Ontario. Pour l’instant, l’assaillant fait face à quatre chefs d’accusation de meurtre au premier degré et un chef d’accusation de tentative de meurtre.

Une veillée similaire a eu lieu, mardi, à London où des milliers de personnes se sont réunies devant la mosquée.

Le premier ministre Justin Trudeau s’est exprimé, mardi, qualifiant l’attaque d’« attentat terroriste motivé par la haine, au cœur de nos communautés », lors d’un discours à la Chambre des communes.

Le premier ministre pakistanais, Imran Khan, a également condamné l’attaque sur son compte Twitter, mardi. « Je suis attristé d’apprendre le meurtre d’une famille canadienne musulmane d’origine pakistanaise à London, en Ontario. Cet acte de terrorisme condamnable révèle la montée de l’islamophobie dans les pays occidentaux. L’islamophobie doit être combattue de manière globale par la communauté internationale », a-t-il écrit.