(Québec) François Legault a refusé jeudi de parler de crise du logement parce que « cela a des impacts ».

Patrice Bergeron La Presse Canadienne

Il a ainsi cautionné les propos de sa ministre de l’Habitation, Andrée Laforest, qui avait affirmé en commission parlementaire la veille qu’on « n’est pas du tout dans une situation de crise du logement ». Cela a fait bondir les partis d’opposition.

« Il manque de logements abordables, mais on ne s’embarquera pas dans les définitions de crise du logement, ça a des impacts », a justifié M. Legault en conférence de presse jeudi matin à l’Assemblée nationale. Il n’a pas expliqué à quels impacts il faisait référence.

Partout au Québec, depuis plusieurs semaines, des locataires cherchent désespérément des appartements et dénoncent la hausse spectaculaire des loyers.

Le mot qui commence par C

Le Parti libéral (PLQ) et Québec solidaire (QS) sont revenus à la charge. Ils accusent le gouvernement de nier la réalité et exigent qu’il reconnaisse qu’il y a une crise.

« Allez dire [qu’il n’y a pas de crise] à ceux qui font la file pour se trouver un logement, allez dire ça à ceux qui paient 35 % de plus pour acheter une maison », a lancé la députée libérale Marie-Claude Nichols à la période de questions.

« À un moment donné, la CAQ doit arrêter de se mettre la tête dans le sable et prononcer le mot qui commence par C », c’est-à-dire le mot crise, a-t-elle poursuivi.

« Quelle déconnexion »

« Quelle déconnexion ! » a déploré la co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Manon Massé, en conférence de presse.

« Il ne faut pas être un tant soit peu branché sur le monde pour dire des choses comme celles-là », a-t-elle poursuivi.

Mercredi, Mme Laforest avait fait valoir que le taux d’inoccupation des logements était de 0,6 % au début des années 2000 à Montréal, par rapport à 2,7 % en 2020. Dans le reste du Québec, le taux était légèrement sous la barre des 2,5 % en 2020.

Mais Mme Massé réplique que les rares appartements qui sont encore à louer sur le marché sont soit trop chers, soit en mauvais état.

« Quand les gens ne sont pas capables de payer le coût du loyer qui est demandé, ce logement-là entre dans le taux d’inoccupation. Quand les gens sont capables de payer un logement, mais ils ne veulent pas prendre ce logement-là parce que c’est un taudis, ce logement-là entre dans le taux d’inoccupation. »

La CAQ avait promis de construire 15 000 logements sociaux durant son mandat. Mme Laforest a assuré que l’engagement caquiste allait être réalisé.

En outre, Québec et Ottawa ont annoncé un investissement supplémentaire de 100 millions mercredi pour la rénovation de HLM à Montréal.