Dans la foulée de l’affaire Camara, l’opposition à l’hôtel de ville de Montréal revient à la charge pour demander que les policiers de la métropole soient équipés de caméras corporelles « dans les plus brefs délais ».

Isabelle Ducas Isabelle Ducas
La Presse

« Ça fait deux ans qu’on demande à l’administration d’agir », a déploré Abdelhaq Sari, conseiller municipal de Montréal-Nord et responsable du dossier de la sécurité publique pour le parti Ensemble Montréal, qui a déposé une motion en ce sens mardi après-midi lors de la séance du conseil municipal de Montréal.

M. Sari estime que cette technologie aurait pu éviter l’arrestation et la détention de Mamadi III Fara Camara, faussement accusé d’avoir sauvagement attaqué un agent du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Les élus de Projet Montréal, qui sont majoritaires au conseil municipal, ont cependant voté pour reporter à leur séance du mois prochain le débat sur cette question. Cette décision a été qualifiée d’« inacceptable » par M. Sari.

Selon le conseiller, les élus ont toutes les informations pour aller de l’avant avec l’adoption de cette technologie.

Il soutient que doter les policiers de caméras ne serait pas aussi coûteux que le laisse entendre l’administration de la mairesse Valérie Plante.

La semaine dernière, Caroline Bourgeois, responsable de la sécurité publique pour l’administration, a indiqué que les caméras corporelles coûteraient 24 millions par année, notamment pour embaucher des employés supplémentaires, prévoir des infrastructures de stockage et louer des espaces, et que les coûts d’implantation atteindraient 17 millions sur cinq ans, entre autres pour former les agents.

Abdelhaq Sari met en doute ces estimations.

« Le SPVM estime qu’il devrait embaucher 202 personnes pour gérer le programme des caméras, on n’a pas vu ça ailleurs, dans aucune autre ville », souligne-t-il.

Selon lui, le fait de ne pas implanter les caméras corporelles a aussi un coût, « et on est en train de le payer comme société », dénonce-t-il.

Rappelant que certains accusent le SPVM de faire du profilage racial et du profilage social lors de ses interventions, il soutient qu’une plus grande transparence est nécessaire de la part des policiers, ce qui nécessite un « changement de culture », pour rétablir la confiance de la population envers son service de police.