Mamadi Fara Camara, accusé à tort d’avoir tenté de tuer un policier en le désarmant, a livré une entrevue toute en émotion dimanche soir à l’émission Tout le monde en parle, accompagné de son avocate Virginie Dufresne-Lemire, ainsi que du documentariste et militant Will Prosper.

Publié le 14 févr. 2021
Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse

« Je ne suis jamais sorti de mon véhicule », a affirmé d’emblée l’homme de 31 ans, toujours sous le choc des évènements.

Le soir du 28 janvier, l’agent Sanjay Vig a intercepté Mamadi III Fara Camara parce que ce dernier aurait manipulé son cellulaire au volant. Alors qu’il retournait à son véhicule de patrouille, l’agent a été frappé derrière la tête avec un bâton de métal.

M. Camara a vu l’altercation de son véhicule et a appelé le 911, relate son avocate Virginie Dufresne-Lemire. Il a ensuite quitté les lieux pour se rendre à son domicile. Toutefois, des policiers étaient déjà à son appartement. Lorsque les policiers le voient arriver, ils pointent leurs armes en sa direction.

« On voit qu’il n’a rien dans les mains, on le saisit par les épaules et on le sort du véhicule par la fenêtre, raconte MVirginie Dufresne-Lemire. On l’amène au sol, face contre le sol. Il y a un policier qui a placé son pied sur la tête de M. Camara pour l’immobiliser ». Un bref moment qui fut assez traumatisant pour M. Camara, ajoute-t-elle.

Seulement un témoin

À la suite de son arrestation, un policier s’entretient avec M. Camara. Après avoir expliqué sa version des faits, le policier en conclut qu’il est un témoin. « Par la suite, il va avoir un interrogatoire de 4 h 30 de M. Camara à titre d’accusé », indique MDufresne-Lemire.

L’étudiant et chargé de cours a ensuite été détenu pendant six jours. « Lorsque j’ai été transféré à la prison Rivière-des-Prairies, à mon arrivée j’ai senti que tous les gardes qui étaient là, se disaient que c’était le tueur de policiers qui s’en vient. J’avais l’air d’être un monstre », a-t-il soutenu.

M. Camara a finalement été libéré, puisqu’une caméra du ministère des Transports a révélé la présence d’un autre véhicule et d’un autre individu sur la scène de l’agression.

« C’était un grand soulagement, mais en même temps je m’y attendais, parce que depuis le jour de mon arrestation, je n’ai jamais cessé de clamer mon innocence », a-t-il ajouté.