Même si la pandémie de COVID-19 persiste, Québec ne prévoit pas permettre à l’ensemble des citoyens de voter par correspondance lors des prochaines élections municipales, en novembre 2021, malgré des demandes en ce sens de la part du milieu municipal.

Publié le 10 févr. 2021
Isabelle Ducas
Isabelle Ducas La Presse

Cette option pourrait cependant être offerte aux personnes âgées vivant en résidence ou à ceux qui ne peuvent se déplacer.

La ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, a déposé mercredi à l’Assemblée nationale un projet de loi qui prévoit l’introduction du vote par correspondance aux élections municipales du 7 novembre prochain, mais uniquement pour les personnes qui vivent en résidence privée pour aînés ou en CHSLD, ou pour « tout électeur incapable de se déplacer pour des raisons de santé, tout électeur qui agit comme le proche aidant de cet électeur et qui a le même domicile que ce dernier et tout électeur pour lequel les autorités de santé publique ordonnent ou recommandent son isolement en raison de la pandémie de la COVID-19 », indique le texte du projet de loi.

Le projet de loi de la ministre prévoit aussi que le scrutin puisse se dérouler sur plusieurs jours.

Or, des élus municipaux, notamment à Montréal, souhaitent que tous les électeurs puissent voter par correspondance.

« La réponse de la CAQ est très décevante », dit Marvin Rotrand, conseiller municipal indépendant de Snowdon, qui s’intéressait à cette question avant même que la COVID-19 chamboule notre quotidien.

« Le vote par correspondance a fait son chemin chez nos voisins américains et dans beaucoup de juridictions canadiennes, alors je ne comprends pas les réticences du gouvernement. C’est prouvé que ça va chercher des clientèles moins susceptibles de voter, que ça fait augmenter le taux de participation et que c’est très fiable. »

En octobre dernier, le conseil municipal de Montréal a adopté une résolution donnant « le mandat à Élection Montréal de se tenir prêt à permettre techniquement aux Montréalais de voter par correspondance en novembre 2021 ».

On demandait aussi à la Ville de poursuivre ses démarches auprès du gouvernement du Québec pour « assurer des modes de participation alternatifs au cours des prochaines élections municipales, que ce soit le vote par correspondance et la tenue d’un scrutin sur plusieurs journées ».

Certains trouvent donc que le projet de loi de la ministre Laforest ne va pas assez loin.

« Idéalement, le vote par correspondance devrait être étendu à tous les citoyens et citoyennes, mais dans un contexte où c’est la première élection générale en temps de pandémie, ça devrait être étendu au minimum à toutes les personnes de 65 ans et plus, pas seulement à celles qui vivent en résidence », souligne Lionel Perez, chef d’Ensemble Montréal, parti de l’opposition à l’hôtel de ville de Montréal.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a fait savoir qu’elle prenait le temps d’analyser le projet de loi avec les services municipaux responsables avant de se prononcer.

« Notre priorité reste que le plus de Montréalaises et Montréalais possible puissent voter au prochain scrutin, et ce, en toute sécurité », a indiqué son attachée de presse, Geneviève Jutras.

Du côté de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), on réagit « favorablement » au projet de loi. Selon sa présidente Suzanne Roy, mairesse de Sainte-Julie, plusieurs municipalités auraient eu du mal à offrir le vote par correspondance à tous leurs citoyens.

« Je ne suis pas certaine qu’on pourrait mettre un tel système en place pour la prochaine élection », dit Mme Roy.

Elle estime qu’il est plus réaliste d’envisager des heures d’ouverture plus longue des bureaux de scrutin, et la mise en place de plus de lieux de votation.

« On veut qu’il y ait de la participation aux élections municipales, et surtout que les gens n’aient pas de crainte à venir voter », indique Mme Roy.

Chose certaine, elle souhaite que le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) informe les municipalités rapidement des nouvelles mesures qui seront mises en place, parce qu’il est « minuit moins une », selon elle, pour que les municipalités se préparent en vue des prochaines élections.