Dans la foulée de l’affaire Camara, une centaine de personnes se sont réunies dimanche après-midi devant le quartier général du SPVM pour dénoncer le racisme systémique et le profilage racial.

Mis à jour le 7 févr. 2021
Mayssa Ferah
Mayssa Ferah La Presse

« On est ici pour dénoncer le racisme systémique dont sont victimes nos communautés, car on ne voit pas l’engagement et la volonté politique de nos élus de le faire », plaide Marilhan Lopez, membre de Black Lives Matter et de la coalition pour le définancement de la police.

Mme Lopez déplore l’impunité des policiers dans le phénomène du profilage racial qui selon elle est en cause dans l’affaire Camara. « On demande plus que des excuses. On demande des réparations. »

Sans analyser suffisamment les preuves, Mamadi Camara a été accusé d’un crime qu’il n’a pas commis et sa réputation a été salie, pense-t-elle.

M. Camara, un homme sans histoire chargé de cours à l’école Polytechnique, a même appelé les policiers pour aviser qu’un de leur collègue avait été violemment attaqué.

Ce qui s’est passé cette semaine prouve que vous pouvez être un docteur, un professeur ou un scientifique, votre couleur de peau vous rend suspect. Il faut se demander si un homme blanc aurait reçu le même traitement.

Marilhan Lopez, membre de Black Lives Matter et de la coalition pour le définancement de la police

« En plein mois de l’histoire des Noirs, nous devons encore nous rassembler pour dénoncer une injustice flagrante au lieu de célébrer », note l’avocate et militante Marie-Livia Beaugé.

Selon elle, le traitement réservé à M. Camara n’est pas un cas isolé. Elle déplore l’analyse trop rapide de la preuve et le fait que M. Camara n’ait pas été pris au sérieux quand il clamait son innocence.

« Nous condamnons non seulement le profilage racial et les biais systémiques dans ce dossier, mais le fait que les policiers se protègent entre eux quand il y a erreur. »

La manifestation a pris fin vers 17 h et s’est déroulée dans le calme et le respect des consignes sanitaires.