De nouveaux venus ont commencé à faire leur apparition à la Société de transport de Montréal : les premiers autobus électriques à grande autonomie. La STM met la touche finale cette semaine aux travaux nécessaires pour les accueillir au centre de transport Stinson. La Presse a visité les lieux en primeur.

Jean-Thomas Léveillé
Jean-Thomas Léveillé La Presse

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Le nouvel autobus électrique à grande autonomie de la Société de transport de Montréal (STM) est fabriqué par l’entreprise New Flyer, à Winnipeg. La STM, qui en a commandé 30, a reçu ses deux premiers exemplaires depuis septembre.

(Montréal) Fabriqués au Manitoba

Le nouvel autobus électrique à grande autonomie de la Société de transport de Montréal (STM) est fabriqué par l’entreprise New Flyer, à Winnipeg. La STM, qui en a commandé 30, a reçu ses deux premiers exemplaires depuis septembre, un an après avoir reçu un prototype pour mener des tests ; les autres seront livrés d’ici la fin de l’hiver. D’une autonomie de 250 km, le New Flyer pèse 15,3 tonnes, une de plus que les autobus hybrides qui composent l’essentiel du parc de véhicules de la STM à l’heure actuelle.

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Pour accueillir ses nouveaux autobus électriques, la STM a adapté le centre de transport (CT) Stinson, dans l’arrondissement de Saint-Laurent, où se feront le ravitaillement et l’entretien des New Flyer.

Logés dans Saint-Laurent

Pour accueillir ses nouveaux autobus électriques, la STM a adapté le centre de transport (CT) Stinson, dans l’arrondissement de Saint-Laurent, où se feront le ravitaillement et l’entretien des New Flyer. Il a notamment fallu installer des chargeurs, qui permettent d’alimenter directement les batteries des autobus avec du courant continu, par opposition à une voiture électrique, qui possède un chargeur embarqué qu’on alimente avec du courant alternatif ou continu, selon le type de borne utilisée. Quatre des 38 allées pouvant accueillir neuf autobus chacune sont dotées de l’équipement nécessaire pour les autobus électriques.

  • Les autobus électriques à grande autonomie seront rechargés par des pantographes installés à même le plafond du CT Stinson.

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    Les autobus électriques à grande autonomie seront rechargés par des pantographes installés à même le plafond du CT Stinson.

  • Les autobus électriques à grande autonomie seront rechargés par des pantographes installés à même le plafond du CT Stinson.

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    Les autobus électriques à grande autonomie seront rechargés par des pantographes installés à même le plafond du CT Stinson.

  • Les autobus électriques à grande autonomie seront rechargés par des pantographes installés à même le plafond du CT Stinson.

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    Les autobus électriques à grande autonomie seront rechargés par des pantographes installés à même le plafond du CT Stinson.

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Installation de pantographes

Les autobus électriques à grande autonomie seront rechargés par des pantographes installés à même le plafond du CT Stinson. « C’est la voie de l’avenir », explique l’ingénieur Pascal Renaud, directeur d’études à la STM. Ils permettent une recharge plus rapide, en trois heures et demie, et prennent moins d’espace que les pistolets de recharge, qui doivent être installés sur une structure murale. La STM a néanmoins installé des pistolets de recharge comme « police d’assurance » et comme système d’appoint, par exemple pour pouvoir charger les autobus pendant qu’ils sont à l’entretien. Les travaux d’installation des pantographes seront terminés cette semaine.

  • Garer un autobus parfaitement sous un pantographe n’est pas simple, même pour un conducteur expérimenté.

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    Garer un autobus parfaitement sous un pantographe n’est pas simple, même pour un conducteur expérimenté.

  • Les autobus électriques communiquent avec le poste de commandement du centre de transport pour transmettre des données sur leur fonctionnement.

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    Les autobus électriques communiquent avec le poste de commandement du centre de transport pour transmettre des données sur leur fonctionnement.

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Technologie

Garer un autobus parfaitement sous un pantographe n’est pas simple, même pour un conducteur expérimenté. C’est pourquoi un système de positionnement au laser guide les chauffeurs pour placer l’autobus au bon endroit, en projetant une ligne rouge au sol. Des capteurs de proximité détectent la présence des autobus et reconnaissent le véhicule, permettant de lancer la recharge. L’autobus communique également avec le poste de commandement du centre de transport par l’intermédiaire d’antennes RFID (de l’anglais, radio frequency identification), ce qui permet le transfert d’une multitude de données que la STM pourra analyser pour optimiser son fonctionnement.

  • Alimenter 30 autobus électriques requiert beaucoup de puissance.

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    Alimenter 30 autobus électriques requiert beaucoup de puissance.

  • Alimenter 30 autobus électriques requiert beaucoup de puissance.

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    Alimenter 30 autobus électriques requiert beaucoup de puissance.

  • Alimenter 30 autobus électriques requiert beaucoup de puissance.

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    Alimenter 30 autobus électriques requiert beaucoup de puissance.

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Augmenter la puissance

Alimenter 30 autobus électriques requiert beaucoup de puissance. La STM a installé au CT Stinson 12 chargeurs de 150 kilowatts et 4 chargeurs de 50 kW, ces derniers servant à la recharge d’appoint. Ces équipements nécessitent un disjoncteur de 2500 ampères, contre généralement 200 ampères pour un logement unifamilial. « On est allés à la limite de ce qu’on pouvait, ici », explique Pascal Renaud. Le futur centre de transport Bellechasse, dont la construction devrait être terminée en 2022, pourra éventuellement accueillir un parc d’autobus entièrement électrique.

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Les nouveaux autobus électriques de la STM entreront graduellement en service au printemps.

Apprentissage

Les nouveaux autobus électriques de la STM entreront graduellement en service au printemps. D’ici là, ils feront l’objet de tests en « marche à blanc », c’est-à-dire dans des conditions réelles, mais sans passager. Ce sera aussi une période d’apprentissage pour le personnel, des chauffeurs aux mécaniciens, qui développeront une expertise sur ces nouveaux véhicules, explique Pascal Renaud. L’arrivée de ces 30 autobus électriques permettra à la STM, qui prévoit d’acheter uniquement des autobus électriques à partir de 2025, de « raffiner [ses] besoins techniques » en prévision de ses prochaines commandes.

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L’autobus à grande autonomie New Flyer n’est pas le premier véhicule électrique de la STM ; elle dispose déjà de sept autobus à autonomie courte de marque Nova Bus.

Le petit frère Nova Bus

L’autobus à grande autonomie New Flyer n’est pas le premier véhicule électrique de la STM ; elle dispose déjà de sept autobus à autonomie courte de marque Nova Bus. Leur essai a toutefois permis à la STM de conclure que les autobus à grande autonomie, donc à recharge plus lente, sont mieux adaptés à ses besoins. Ils peuvent être chargés durant les périodes « creuses » comme la nuit ou le milieu de la journée, où le tarif est moins élevé et les équipements peuvent être concentrés dans les centres de transport plutôt que sur la voie publique. « S’installer chez nous, c’est un gros avantage », résume Pascal Renaud.

Relisez notre reportage sur la ligne 36 Monk, desservie entièrement par des autobus électriques depuis le début de l’année.