Une centaine d’étudiants étrangers qui festoyaient dans une maison louée en Outaouais, en zone rouge, ont reçu la visite de la police, samedi soir. La tournée a coûté cher : 83 d’entre eux ont reçu une amende de 1000 $ pour leur non-respect des mesures sanitaires et l’intervention policière « longue et ardue » s’est complexifiée lorsqu’est venu le temps de disperser les fêtards.

Audrey Ruel-Manseau
Audrey Ruel-Manseau La Presse

Durant la fin de semaine, une centaine d’étudiants étrangers qui habitent au Québec et en Ontario se sont réunis à Chelsea, à une vingtaine de kilomètres de Gatineau, en Outaouais. Une maison pouvant normalement accueillir un maximum de douze personnes avait été louée sur la plateforme Airbnb pour l’anniversaire de l’un d’eux et le rassemblement a pris des proportions complètement démesurées en contexte de pandémie. Dans une publication partagée sur Twitter, lundi soir, la Sécurité publique de la MRC des Collines-de-l’Outaouais a annoncé qu’elle était intervenue.

« Ils savaient qu’ils étaient dans l’illégalité. Par contre, pas mal tout le monde a collaboré, mais c’était complexe parce qu’il y avait des gens sans pièces d’identité. C’était des étudiants internationaux, principalement universitaires, qui provenaient d’établissements scolaires différents et d’aussi loin que Sherbrooke et Trois-Rivières, Montréal et Ottawa », raconte le sergent Martin Fournel, responsable des relations publiques à la Sécurité publique MRC des Collines.

Les policiers sont arrivés sur place à deux heures du matin, dans la nuit de samedi à dimanche, après un appel de quelqu’un du voisinage. À leur arrivée dans le secteur plutôt boisé, ils ont dénombré 25 véhicules. Selon le sergent Fournel, l’imposante maison comptait des garages dans lesquels se trouvaient d’autres véhicules dans lesquels des étudiants s’étaient d’ailleurs cachés pour tenter d’échapper à la police.

« Ça a été long et ardu pour identifier toutes ces personnes. Nous avons eu une demi-douzaine de policiers sur place durant deux heures et ce n’était que la pointe de l’iceberg parce que sur les médias sociaux locaux, on a constaté que des résidents s’échangeaient des messages cette nuit-là disant que des gens couraient ou se cachaient dans leur cour. Donc nous en avons identifié 83 formellement, mais il y en a certainement qui ont pris la poudre d’escampette », a raconté le sergent Martin Fournel, responsable des relations publiques à la Sécurité publique MRC des Collines.

Les 83 personnes identifiées, toutes majeures, recevront une amende de 1000 $ par la poste une fois que le DPCP aura autorisé les constats d’infraction longs émis par les policiers. Le défi était ensuite de faire respecter les mesures sanitaires interdisant à toutes ces personnes, qui contrevenaient à la Loi sur la santé publique, d’être réunies au même endroit.

« Après, c’était de leur dire : vous ne pouvez pas rester sur place, tout le monde doit quitter. On voulait s’assurer que tous et toutes quittent de façon sécuritaire, parce que des gens avaient consommé. Pour certaines personnes, il a fallu que nos policiers prennent les mesures pour appeler quelqu’un, un taxi ou trouver des chauffeurs qui n’étaient pas en boisson », rapporte le sergent Fournel.

L’enquête est toujours en cours. Selon la Sécurité publique MRC des Collines, la personne à l’origine de la réservation n’était pas présente et le propriétaire des lieux, qui habite Montréal, n’était possiblement pas au courant de ce qui se tramait à sa résidence secondaire. Sans vouloir divulguer la nationalité des délinquants, le sergent Fournel a simplement indiqué qu’ils étaient « tous des étudiants internationaux », mais qu’ils résidaient au Québec ou en Ontario.

« Ils ne proviennent pas tous du même pays, mais ce qu’ils ont en commun, c’est qu’ils semblent tous être membres du même groupe sur un réseau social ou un site internet et que l’information sur la fête aurait été transmise à travers ce média-là », a-t-il ajouté.

Un appel similaire avait été logé au poste de police, vendredi soir, pour un rassemblement dans le même secteur. Selon M. Fournel, les agents en service n’étaient pas parvenus à localiser l’endroit visé par la plainte. Après coup, la police croit qu’il s’agissait du même lieu et que le rassemblement avait possiblement débuté vendredi.