(Montréal) La FTQ-Construction et le syndicat des Métallos demandent une intervention rapide du ministre du Travail, Jean Boulet, pour mieux protéger les travailleurs sur les chantiers routiers, au lendemain d’un autre rapport de la CNESST portant sur le décès d’une signaleuse routière.

Lia Lévesque
La Presse Canadienne

Les deux grands syndicats, affiliés à la FTQ, soutiennent que le nombre de travailleurs de l’industrie du bâtiment heurtés par un véhicule et qui ont été blessés ou qui sont décédés, ces dernières années, est alarmant.

Ils ont compté 13 décès, de janvier à octobre 2020, comparativement à quatre pour toute l’année 2019.

Justement, le 20 octobre, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a rendu public son rapport au sujet du décès, en décembre 2019, de la signaleuse routière Lynda Lizotte, happée par une voiture à Saint-Paul-de-l’île-aux-Noix, en Montérégie.

La CNESST en a conclu que « la méthode d’installation des trépieds des panneaux de signalisation était déficiente et ne permettait pas de s’assurer qu’ils résistent aux conditions du milieu, afin de prévenir l’exposition de la signaleuse routière à un danger de heurt ».

Éric Boisjoly, directeur général de la FTQ-Construction, presse le ministre du Travail et de l’Emploi de trouver un moyen pour mieux assurer la sécurité des travailleurs sur les chantiers routiers. « On ne peut pas juste blâmer l’irresponsabilité des conducteurs. On a un problème d’organisation du travail », critique le dirigeant syndical.

« Faire les choses toujours moins chères et le plus rapidement possible, on finit par sacrifier des travailleurs », lance M. Boisjoly, dont l’organisation syndicale représente 43 % des travailleurs de la construction.

Dominic Lemieux, directeur québécois du syndicat des Métallos, soutient qu’il ne faut que trois heures de formation sur l’internet pour devenir signaleur routier.

Le ministre Boulet devait justement déposer une réforme de la Loi sur la santé et la sécurité au travail avant la fin de l’année 2019. La réforme a ensuite été reportée au printemps, avant d’être une nouvelle fois reportée, à cause de la pandémie.

Dans son rapport, la CNESST souligne effectivement que des solutions existent pour prévenir ce genre d’accident, notamment « vérifier que les supports des panneaux de signalisation sont suffisamment rigides pour résister à la vibration, au vent ».