L’escouade Quiétude de la police de Montréal, créée à la fin de l’an dernier pour prévenir les évènements de coups de feu et saisir les armes illégales en circulation dans la métropole, recevra 1,5 million $ des gouvernements fédéral et provincial pour les cinq prochains mois.

Daniel Renaud
Daniel Renaud La Presse

L’escouade bénéficiera d’un autre montant encore non défini pour chacune des trois années suivantes, jusqu’en 2024.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a annoncé l’ajout de près de 65 M$ au cours des prochaines années qui serviront à financer différentes équipes spécialisées dans la lutte aux armes et au crime organisé du SPVM, de la SQ et du Service de police de la Ville de Québec.

Ces sommes proviennent du Fonds fédéral d’action contre la violence liée aux armes à feu et aux gangs, et de la distribution annuelle des biens confisqués à la suite d’activités criminelles (produits de la criminalité).

« Un virgule cinq millions d’ici le 31 mars, c’est un bon début, nous sommes contents mais je m’attendais tout de même à recevoir plus », a déclaré à La Presse le directeur du SPVM, Sylvain Caron.

Depuis sa création en décembre 2019, l’escouade Quiétude du SPVM fonctionne avec des effectifs qui varient entre dix et 18 enquêteurs. Une somme de 1,5 M$, cela représente les coûts engendrés par le travail de dix enquêteurs durant un an.

Toujours la robustesse

En 11 mois d’existence, les enquêteurs de Quiétude ont arrêté plus de 80 individus et saisi plus de 30 armes à feu.

Le chef Caron ne cache pas qu’il aimerait pouvoir grossir les rangs des enquêteurs affectés à la lutte aux armes à feu à Montréal.

« Cette somme (1,5 M$) nous permet de maintenir une capacité dans Quiétude mais nous aimerions avoir plus d’argent et accroitre notre robustesse et nos effectifs. Il y a encore eu un évènement de coup de feu hier (lundi) dans le PDQ 42. Les gars et les filles travaillent très fort, il y a du beau travail qui se fait, mais il y a beaucoup d’armes en circulation et on veut accroitre le sentiment de sécurité de la population », a ajouté M. Caron, en soulignant l’arrestation récente de plusieurs individus soupçonnés d’avoir été impliqués dans des évènements de coups de feu ces derniers mois dans la métropole (projet Trinité) et dans le trafic d’armes (Jonathan Klor et ses présumés complices).

Des sources ont confié à La Presse que le SPVM tablait sur un projet de création d’une escouade permanente d’une vingtaine d’enquêteurs, appuyés par une équipe de filature, spécialisée dans la lutte aux armes à feu.

Le directeur Caron croit que les forces de frappe (taskforce) comme Quiétude ne constituent pas « l’idéal » et il a confirmé à La Presse que le SPVM « réfléchissait à un modèle différent » mais qu’il n’était pas encore prêt à annoncer quoi que ce soit.

Il a écarté le retour des escouades Gangs de rue dans les quatre régions du SPVM mais aimerait augmenter sa capacité dans la lutte aux crimes de violence.

Pour joindre Daniel Renaud, composez-le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.