(Montréal) Le « Service de livraison urbaine » à vélo qui a été mis en place par l’administration Plante au début de la pandémie pour aider les commerçants de la ville de Montréal, a été utilisé par une centaine d’entreprises. La Ville souhaite maintenant le rendre permanent.

Stéphane Blais
La Presse Canadienne

Entre le mois d’avril et la fin août, le « Service de livraison urbaine » a permis d’effectuer près de 8000 livraisons à vélo auprès de commerçants montréalais, selon l’administration municipale.

Pendant le confinement du printemps, le service s’adressait aux commerces qui fournissaient des biens essentiels et aux magasins qui n’avaient pas le droit d’ouvrir leurs portes et qui pouvaient uniquement vendre en ligne.

La livraison de gros colis à vélo a permis à la Boutique Bouche-bée, dans le quartier Hochelaga, de passé à travers la difficile période du confinement, sans perdre de revenu.

« Pendant la période de fermeture, on faisait une vingtaine de livraisons par jour », a indiqué Marie Letard, propriétaire de la boutique de produits de décoration intérieure et d’accessoires pour la cuisine. « On a été capable de faire le même chiffre d’affaires que l’année précédente grâce à la vente en ligne, c’est assez incroyable parce qu’on n’avait jamais fait de vente en ligne ni de livraison. »

Lorsque les restrictions concernant la fermeture des magasins au public ont été levées, la femme d’affaires a décidé de continuer d’offrir le service de livraison à vélo.

« C’est très rapide d’exécution, on arrive à livrer nos produits dans la ville le jour même. Ça rejoint aussi nos valeurs environnementales, car ce sont des livraisons à vélo, sur de courtes durées », a précisé Mme Letard à La Presse Canadienne.

Les livreurs à vélo vont chercher les commandes chez les commerçants de 1 à 5 fois par jour selon les volumes, et les livrent directement au domicile des clients.

Certains livreurs peuvent tirer jusqu’à 400 livres de marchandises avec leur remorque, selon Cédric Chaperon, le fondateur de l’entreprise La Roue Libre, qui fait partie du projet.

La livraison est facturée au client et ne doit pas dépasser cinq dollars.

Quatre entreprises de livraison à vélo font partie du projet développé par la Ville de Montréal, les Sociétés de développement commercial de Montréal (SDC), Coop Carbone et Jalon Montréal.

« C’est utile, ça marche, c’est écologique, c’est efficace et ce n’est pas très cher, alors on veut rendre le projet permanent », a indiqué le responsable du développement économique et commercial de la Ville de Montréal, Luc Rabouin, à La Presse Canadienne.

La livraison de petits, moyen et gros colis à vélos permet également de diminuer la congestion routière ainsi que les gaz à effet de serre émis par les camions de livraison, a souligné Luc Rabouin.

« Dans les quartiers centraux, les camions se multiplient, alors les vélos cargo représentent un avantage important pour la qualité de vie et pour nos objectifs environnementaux ».

Les commerçants qui souhaitent manifester leur intérêt pour le projet peuvent remplir le formulaire sur le site de la ville.

Le service sera également offert pendant l’hiver.