L’incident survenu jeudi avec le traversier F.-A.-Gauthier, qui est momentanément parti à la dérive après une opération de remorquage qui a mal tourné dans le secteur de Trois-Rivières, n’a pas engendré de dégradations significatives à la coque du navire, assure la Société des traversiers du Québec (STQ).

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

C’est l’une des amarres du traversier ayant lâché pendant l’opération qui avait causé cet accident. Vulnérable, le bateau a alors accroché un fond rocheux, tout près du bord de l’eau au port de Trois-Rivières. « Les remorqueurs sur place l’ont tiré tout de suite un peu plus au large », souligne toutefois le porte-parole de l’organisme, Alexandre Lavoie.

Jeudi, en soirée, des plongeurs ont examiné le navire sous les eaux. L’opération était supervisée par la Lloyd’s, une société de classification mandatée par le gouvernement fédéral. « Les premières observations suggèrent qu’il n’y a pas de dommages structurels ou importants à la coque », insiste M. Lavoie.

Or, une série de tests et « d’essais en mer » doivent encore être effectués sur le navire. Dans une déclaration diffusée vendredi, la Société des traversiers affirme que « les dommages semblent limités », sans toutefois donner plus de détails. Des mises à jour sur l’état du bateau seront fournies prochainement, assure-t-on.

Une situation injuste dénoncée

Depuis l’incident, des « rumeurs » infondées circulent sur les réseaux sociaux, condamne la STQ, qui juge ces interprétations « inacceptables et déplacées ». Plusieurs ont en effet attaqué la gestion du traversier, qui n’en est pas à son premier incident, qualifiant celui-ci de « gros citron », de « désastre » ou encore de « catastrophe ». Certains membres du personnel auraient aussi été écorchés dans des médias locaux. Aux yeux d’Alexandre Lavoie, ces accusations sont injustes.

La compétence de l’équipage et du capitaine du F.-A.-Gauthier n’a pas à être remise en doute après l’incident d’hier. Le capitaine en question, quoique présent à bord, n’était pas en charge des opérations.

La STQ, dans une déclaration officielle

C'est un pilote de la Corporation des Pilotes du St-Laurent central qui a en effet effectué la manoeuvre. Le président du groupe, Alain Arsenault, assure toutefois que ce pilote « a agi avec professionnalisme et diligence ».

« Les informations recueillies jusqu’ici semblent pointer vers un malheureux bris d’équipement. Nous sommes d’avis que l’équipage, et le commandant du FA Gauthier ont apporté tout le support nécessaire à l’opération », ajoute-t-il. Selon M. Arsenault, « le pire a été évité grâce au professionnalisme de tous les intervenants, incluant notre pilote, les capitaines des remorqueurs et l’équipage du navire ».

Alors qu’un rapport de la Vérificatrice générale (VG) doit paraître cet automne sur le processus de construction du navire, la STQ assure qu’elle assumera ses torts, si ceux-ci sont avérés. « On ne reculera pas devant les constats, on ne fera pas semblant que des choses auraient pu mieux se passer. Quand viendra le temps de prendre notre part de responsabilité, on ne se défilera pas », tonne M. Lavoie.

En temps normal, le navire assure la traverse entre Matane et la Côte-Nord. C’est toutefois le Saaremaa qui prend actuellement le relais du F.-A.-Gauthier, car celui-ci doit subir des travaux d’optimisation, dans le cadre d’un arrêt technique « obligatoire » à Trois-Rivières.