Depuis la tragédie de Granby, Québec a financé l’embauche de 600 intervenants de plus dans le réseau de la DPJ. Ces embauches, couplées à l’effet pandémie, ont permis de réduire de façon drastique les listes d’attentes des services sociaux.

Katia Gagnon
Katia Gagnon La Presse

« Ce qu’on a fait de mieux, dans ce réseau, c’est de stabiliser les équipes. Le gros problème dans ce réseau, c’était le roulement », a indiqué le ministre délégué à la Santé et aux services sociaux, Lionel Carmant, lors de l’étude des crédits parlementaires de son ministère.

Les budgets de cette année permettront l’embauche de 300 autres intervenants. Québec a en effet alloué 90 millions supplémentaires à la DPJ, dont le tiers sera consacré aux embauches. Le reste sera investi en première ligne, afin de prévenir les signalements à la DPJ. « La DPJ doit cesser d’être la salle d’urgence des services sociaux », a souligné M. Carmant.

De plus, la charge de cas des intervenants sera « revue à la baisse » au cours des prochains mois, a promis le ministre. Des travaux sont actuellement en cours afin de mettre à jour les standards qui balisent le nombre de dossiers dont peut être chargé un intervenant à la DPJ.

Ces embauches ont mené à une importante réduction des listes d’attente, s’est félicité le ministre. En juin 2019, 4000 enfants étaient en attente d’une évaluation à la DPJ. Un an plus tard, la liste a fondu à 800 noms. « C’est une amélioration phénoménale », dit le ministre.

Une amélioration en partie due à l’effet pandémie, a-t-il cependant reconnu. À l’échelle du Québec, le nombre de signalements a diminué de 20 % pendant les trois mois de confinement.

Dans la région de Montréal, la baisse a cependant été plus importante : des chercheurs de l’Université de Montréal ont établi en juin qu’elle se chiffrait à 60 %, touchant particulièrement les enfants victimes de violence physique. « On s’attend à une hausse au niveau des signalements avec la rentrée scolaire », a précisé M. Carmant.

Les patients autistes ou déficients sortiront de Pinel

Au cours de la même commission parlementaire, le ministre a indiqué son intention de relocaliser les huit patients autistes ou déficients hébergés à l’institut Pinel depuis le mois de février dernier.

« C’était la seule localisation où ils pouvaient être encadrés de façon sécuritaire, mais j’avoue que ce n’est pas l’endroit auquel j’aurais pensé en premier, a indiqué M. Carmant. On cherche à les replacer ailleurs. »

Les huit patients hébergés dans l’unité H2 avaient de graves troubles de comportement, mais ils n’étaient pas judiciarisés, contrairement à la clientèle de l’institut Pinel. Leur déménagement de l’hôpital psychiatrique Rivière-des-Prairies à l’institut Pinel avait soulevé l’ire de la Fédération québécoise de l’autisme.