Pendant des semaines, il n’a été question que de la COVID-19. Mais de quoi aurions-nous parlé s’il n’y avait pas eu de pandémie ? se sont demandé nos journalistes. Coup d’œil sur ces nouvelles d’actualité victimes de l’éclipse médiatique.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

Il y a 60 ans, plus de 200 jeunes hommes entraient chaque année au Grand Séminaire de Montréal, rue Sherbrooke Ouest, dans le but de devenir prêtres. Maintenant, il y en a en moyenne trois.

« On a une vingtaine de séminaristes en moyenne, étant donné que la formation dure huit ans », explique Guy Guindon, recteur du Grand Séminaire. « C’était vraiment rendu trop grand. »

Le changement est radical : au lieu d’une auguste demeure au coin d’Atwater, les séminaristes habiteront dorénavant au cœur d’un quartier densément peuplé, à l’angle des rues Boyer et Bélanger dans Rosemont-La Petite-Patrie. Il s’agit d’une ancienne résidence de retraite des sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, où habitaient une vingtaine de religieuses jusqu’à tout récemment. Elles ont déménagé à la maison-mère à Longueuil.

Le nouveau Grand Séminaire de Montréal

  • Le nouveau Grand Séminaire de Montréal, à l’angle des rues Boyer et Bélanger dans Rosemont-La Petite-Patrie.

    PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

    Le nouveau Grand Séminaire de Montréal, à l’angle des rues Boyer et Bélanger dans Rosemont-La Petite-Patrie.

  • Le nouveau Grand Séminaire de Montréal, à l’angle des rues Saint-André et Bélanger dans Villeray

    PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

    Le nouveau Grand Séminaire de Montréal, à l’angle des rues Saint-André et Bélanger dans Villeray

  • Le nouveau Grand Séminaire de Montréal, à l’angle des rues Saint-André et Bélanger dans Villeray

    PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

    Le nouveau Grand Séminaire de Montréal, à l’angle des rues Saint-André et Bélanger dans Villeray

  • Le nouveau Grand Séminaire de Montréal, à l’angle des rues Saint-André et Bélanger dans Villeray

    PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

    Le nouveau Grand Séminaire de Montréal, à l’angle des rues Saint-André et Bélanger dans Villeray

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« Le Grand Séminaire était dans un quartier où il y avait une moins grande vie communautaire », dit M. Guindon, qui est sulpicien comme tous les recteurs depuis 1840. « La population du quartier était changeante, les gens habitaient souvent seulement quelques années, notamment pour les études à Concordia. Ici, dans Villeray, on a une vie citoyenne plus intense, avec une mosaïque francophone, anglophone et allophone qui représente bien Montréal. »

Ce virage reflète l’« Église de sortie », qui va vers les fidèles là où ils se trouvent, un concept prôné par le pape François, selon Christian Lépine, archevêque de Montréal.

Les séminaristes vont être disponibles au sein du peuple.

Christian Lépine, archevêque de Montréal

Les travaux devaient être terminés en juin, mais finalement le nouveau séminaire sera prêt juste à temps pour la rentrée en août, selon Sébastien Froidevaux, le président de la Fondation du Grand Séminaire, qui a fait faire un tour du propriétaire à La Presse. La plupart des chambres de religieuses ont été rafraîchies, deux suites pour le recteur et pour les visiteurs de passage ont été aménagées, et des salles qui ne sont plus nécessaires, comme l’infirmerie et le salon de coiffure, ont été éliminées. L’atelier où les religieuses faisaient des travaux de couture pour leur communauté a été remplacé par un gymnase. Les sœurs ont également donné au Grand Séminaire de la vaisselle, de la literie et 30 boîtes de livres d’une bibliothèque d’une maison de prière qu’elles ont fermée sur la Rive-Sud.

« On pourrait faire éventuellement des activités avec les jeunes du voisinage, dit M. Froidevaux. Sur la rue Sherbrooke, on faisait du hockey cosom avec les élèves du Collège de Montréal. »

Une vingtaine d’emplacements ont été envisagés, selon M. Guindon.

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Guy Guindon

Souvent, c’était trop grand, comme un endroit à Pointe-Claire qui était tout près de l’ancien village. On ne voulait pas être obligés de louer des salles pour boucler notre budget, comme on devait le faire sur la rue Sherbrooke.

Guy Guindon

Le seul problème de l’emplacement de la rue Bélanger est l’absence de jardin, mais M. Froidevaux pense qu’il sera possible de construire une terrasse sur le toit, avec une vue imprenable sur le quartier et le mont Royal. Le recteur pourrait aussi y déménager ses plants de tomates, qui sont actuellement dans un bac dans le stationnement.

Le Grand Séminaire de la rue Sherbrooke avait été construit en 1854-1857 à l’emplacement du fort de la Montagne, où les sulpiciens avaient une mission au XVIIe siècle. Entre la fondation du diocèse de Montréal, en 1836, et cette construction, les prêtres de Montréal étaient formés dans un immeuble sulpicien de la rue Saint-Paul. Il avait été envisagé de construire le Grand Séminaire à côté de la basilique Notre-Dame, où se trouve aujourd’hui la maison-mère des sulpiciens, mais le terrain avait finalement été jugé trop exigu.

Ce qui s’est passé… au début mars

Au retour de la semaine de relâche, les médias devaient être conviés à visiter le nouveau Grand Séminaire de Montréal, dans le quartier La Petite-Patrie. Le mercredi 11 mars, alors que l’OMS déclare que la COVID-19 est bel et bien une pandémie, Québec annonce ses premières mesures de confinement. La visite a été annulée.

Rectificatif
Une version antérieure de ce texte indiquait que le nouveau séminaire se trouve sur la rue Saint-André. Il s’agit plutôt de la rue voisine, Boyer.