Plus de 400 personnes se sont présentées à la clinique de dépistage de Mercier avant même son ouverture jeudi matin. Des proches de jeunes qui ont participé à une fête, des employés de commerces fermés et des citoyens inquiets ont pris leur mal en patience sous le soleil de plomb. Devant la popularité de la clinique, une autre séance de dépistage aura lieu samedi.

Émilie Bilodeau Émilie Bilodeau
La Presse

Nikola Carrière s’est rendu à la clinique, car une de ses collègues de travail, au IGA de Châteauguay, a été déclarée positive à la COVID-19. Celle-ci aurait participé à une fête durant laquelle une trentaine de jeunes ont été contaminés.

Sa mère, Karine Benoit, l’a accompagné pour s’assurer qu’elle-même n’est pas infectée. « Moi, je me protège bien. Mais la personne qui a été malade à son travail, ça me fatigue un peu. Elle ne le savait pas qu’elle était malade. Elle l’a seulement su parce que la Santé publique a retracé des jeunes et leur a demandé de se faire tester », raconte Mme Benoit.

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Catherine Bérubé, Gabriel Allard et la petite Marie-Jane, 4 ans, font la queue.

Sophie Paré, elle, travaille au bar La Chapelle. Dimanche, le restaurant a d’abord annoncé qu’il fermait « en solidarité » avec d’autres commerces de la municipalité touchés par la COVID-19. Puis, mercredi soir, l’établissement a annoncé que deux employés étaient infectés par le virus.

« Quand j’ai travaillé la semaine dernière, j’ai été en contact avec eux. C’est sûr que j’ai des craintes. Je ne sais pas comment il fonctionne, ce virus-là. Est-ce qu’il attend avant de se développer ? Est-ce que je suis atteinte sans le savoir ?  », s’est questionnée Mme Paré.

Daphnée Trottier a été fortement encouragée par son employeur à passer un test de dépistage. Certains de ses collègues sont allés au Mile Public House le soir du 30 juin et d’autres ont eu des contacts avec des personnes qui ont participé à la fête de Saint-Chrysostome. La jeune femme de 18 ans a admis qu’elle avait un peu peur du virus.

« On dirait que la deuxième vague [de COVID-19], elle va partir de ce côté du pont », s’est désolée Mme Trottier.

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Cas en hausse en Montérégie

La mairesse de Mercier s’est présentée à la clinique pour soutenir les citoyens. « Les gens sont inquiets. Ils ont parfois un ou une collègue qui est allé dans un party ou ils ont fréquenté un commerce où des employés ont [eu un test positif] », raconte Lise Michaud.

Dans les derniers jours, le nombre de cas de COVID-19 a augmenté plus rapidement en Montérégie qu’ailleurs au Québec. Jeudi, la région recensait 8057 cas, une hausse de 52 cas par rapport à la veille.

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« Dans notre MRC et la voisine, c’est clair qu’il y a une progression. La MRC de Roussillon avait un taux de COVID-19 assez bas, mais ça va devenir impressionnant. Plusieurs personnes étaient déjà en attente d’un résultat. C’est sur que ça va exploser à cause des partys. Ça va faire boule de neige », croit la mairesse de Mercier.

La Direction de la santé publique (DSP) avait prévu effectuer 500 tests de dépistage, jeudi. Elle a augmenté à 600 tests devant la quantité de personnes présentes au centre communautaire de Mercier. À 11 h 30, tous les rendez-vous de la journée avaient été distribués.

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Une seconde clinique de dépistage mobile sera aménagée au même centre communautaire, samedi, de 10 h 30 à 16 h. Toutefois, seules les personnes vivant la Montérégie-Ouest pourront passer un test. Une pièce d’identité sera exigée.