Le conseil municipal de Montréal s’est réuni mardi après-midi au moment où plusieurs sujets chauds font réagir les citoyens, comme le racisme systémique et le nom de la station de métro Lionel-Groulx. Tour d’horizon.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Station Oscar-Peterson ?

Alors que des milliers de personnes ont signé une pétition exigeant le remplacement du nom de la station de métro Lionel-Groulx, à qui on reproche des propos antisémites, par celui d’Oscar-Peterson, l’administration Plante s’est montrée peu intéressée. La responsable de la toponymie au comité exécutif, Émilie Thuillier, a expliqué que chaque nom de station avait sa justification et qu’il était plus facile de baptiser une nouvelle station. Par contre, elle comprend que l’on « vit une grande transformation dans notre monde et [qu’]il y a des comportements qui étaient vus comme normaux qui sont remis en question ». Mme Thuillier a ainsi ajouté que même s’il y avait déjà un parc Oscar-Peterson, il était possible de rendre davantage hommage au pionnier du jazz. « C’est possible d’agir dans le présent, de voir comment on peut faire en sorte que la toponymie montréalaise reflète de manière plus précise la réalité montréalaise », a-t-elle précisé.

Masque obligatoire

Le gouvernement a confirmé mardi l’obligation de porter un masque dans les transports en commun. Pourquoi Valérie Plante ne l’a-t-elle pas exigé plus tôt ? a demandé Chantal Rossi, du parti Ensemble Montréal. Elle a critiqué le manque de leadership de la mairesse dans ce dossier, « qui avait pourtant tous les pouvoirs pour rendre le masque obligatoire dans les transports collectifs et ainsi protéger la vie de ses concitoyens ». Le président du comité exécutif, Benoit Dorais, a répondu que la solution n’était pas de le rendre obligatoire plus tôt, car il était préférable de laisser une période d’adaptation. « Ça aurait été facile de faire comme d’autres et d’aller de l’avant en se rangeant derrière des faiseurs d’opinions, a-t-il évoqué. Nous, on s’est fiés à la science. »

Racisme systémique et SPVM

L’opposition a vertement critiqué l’administration Plante dans le dossier du racisme systémique et du profilage racial, en rappelant que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) avait certes reconnu son existence en théorie, mais sans admettre qu’il en était à l’origine. En outre, le chef de police Sylvain Caron n’a pas pris la parole à ce sujet, une situation dénoncée par le chef de l’opposition, Lionel Perez, qui demande à ce que la mairesse parle « à son chef de police ». « C’est important que le service de police parle de façon très claire et pas de façon ambiguë. » Valérie Plante a réitéré qu’elle reconnaissait l’existence du racisme systémique et a rappelé que le SPVM dévoilerait une politique sur les interpellations policières en juillet.

La situation du logement fait réagir

La situation du logement a fait réagir les citoyens, qui ont interpellé les élus au sujet des règlements à l’étude visant à mieux régir la subdivision et la réduction du nombre de logements par les propriétaires, notamment dans Rosemont–La Petite-Patrie et le Plateau-Mont-Royal. Ces modifications à venir visent à répondre au nombre grandissant de propriétaires qui expulsent leurs locataires sous prétexte de rénovations. La mairesse de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, Giuliana Fumagalli, a indiqué que les modifications des règlements d’arrondissement font l’objet de consultations et que tous les citoyens sont « invités fortement à y participer ».