La mort de Regan Russell, tête d’affiche ontarienne du mouvement antispéciste heurtée par un camion qui transportait des cochons, a bouleversé les militants québécois.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Ils lui ont rendu hommage tout en s’opposant fermement aux nouvelles mesures découlant du projet de loi 156, dangereuses pour la sécurité des manifestants ontariens, jugent-ils.

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« On est vraiment tous en deuil », chuchote Jade, porte-parole de DxE Montréal, qui n’a pas voulu révéler son nom de famille.

À ses côtés, une soixantaine de manifestants ont participé à une veillée aux flambeaux vendredi soir, aux alentours de 21 h. Bougie à la main pour souligner la perte de leur camarade disparue, ils font partie du mouvement antispéciste et s’opposent à la cruauté envers les animaux, allant jusqu’à prôner la désobéissance civile.

À proximité, huit voitures de police les surveillent.

Regan Russell, militante pour les droits des animaux bien connue des cercles antispécistes, a perdu la vie le vendredi 19 juin, vers 10 h. La femme de 65 ans, fervente défenseur des cochons, est morte écrasée par un camion. Le véhicule transportait des porcs destinés à l’abattoir Fearman’s, à Burlington, en Ontario. Mme Russell s’était approchée du camion pour donner à boire aux animaux.

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Regan Russell, militante pour les droits des animaux bien connue des cercles antispécistes, a perdu la vie le vendredi 19 juin, vers 10 h. La femme de 65 ans, fervente défenseuse des cochons, est morte écrasée par un camion.

Sa mort est survenue quelques jours après l’adoption du projet de loi 156, qui vise à sanctionner plus sévèrement les intrusions dans les fermes de l’Ontario. La police locale a affirmé qu’aucune accusation n’avait été portée pour l’instant à la suite de l’accident mortel.

« Ça nous a jetés à terre. C’est une mort abominable. Cette loi est une grande injustice. On dirait une vieille loi des années 50 », poursuit Jade.

« Je me suis déjà fait menacer »

Manifester devrait se faire sans danger, plaide la jeune femme. Souvent, des ententes sont conclues avec les camionneurs. Ils s’arrêtent quelques minutes et font des signaux pour indiquer qu’ils avancent, explique-t-elle. Par contre, les chauffeurs peuvent devenir agressifs et intimider les manifestants en accélérant.

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« Je me suis déjà fait menacer par un conducteur. J’ai eu un camion à trois centimètres de ma poitrine », raconte-t-elle.

« Regan Russell était là pour donner un dernier réconfort aux cochons avant que leur droit fondamental à la vie soit violé, et là on a l’impression que la sécurité des manifestants est en péril », déplore la militante. « Nous allons continuer à manifester, le mouvement ne fait que grandir partout au Québec et au Canada. »