(Montréal) Après avoir examiné 61 000 annonces de logements à louer au Québec, le Regroupement des comités logement revient à la charge avec sa demande d’établir un registre des loyers et même un contrôle des loyers.

Lia Lévesque
La Presse canadienne

Maxime Roy-Allard, porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires, se doutait bien qu’avec un taux d’inoccupation aussi bas des logements, les prix avaient grimpé. Mais l’ampleur des hausses l’a parfois surpris.

Pour avoir une idée claire de l’état des lieux, le regroupement a donc relevé 60 987 annonces de logements à louer dans Kijiji, du 21 février au 27 mai dernier.

Il s’agit bien de logements qui sont annoncés à louer, et non des logements déjà loués — qui peuvent être moins coûteux, puisque parfois, des locataires y demeurent depuis plusieurs années et le loyer n’a donc pas toujours suivi les hausses du marché.

Montréal

Ainsi, à Montréal, les studios affichaient un loyer moyen de 935 $, les logements de trois pièces et demie 1140 $, les quatre pièces et demie 1317 $ et les cinq pièces et demie (et plus) 1563 $.

Il y a d’importantes variations dans les différents arrondissements de Montréal. Au centre-ville, les studios atteignaient 1184 $, les trois et demie 1535 $.

Même le Sud-Ouest—Verdun affichait 1130 $ pour les studios, 1331 $ pour un trois et demie.

Dans LaSalle, c’était 671 $ pour les studios, et 778 $ dans Villeray—Parc-Extension.

Dans l’arrondissement pourtant peu fortuné d’Hochelaga-Maisonneuve : 931 $ pour un studio, 1084 $ pour un trois et demie, 1298 $ pour un quatre et demie et 1580 $ pour un cinq et demie et plus.

Autres villes

•À Québec : 665 $ pour un studio, 801 $ pour un trois pièces et demie, 917 $ pour un quatre pièces et demie et 1170 $ pour un cinq pièces et demie et plus.

•À Sherbrooke : 501 $ pour un studio, 595 $ pour un trois et demie, 710 $ pour un quatre et demie, 957 $ pour un cinq et demie.

•À Saguenay : 488 $ pour un studio, 564 $ pour un trois et demie, 690 $ pour un quatre et demie, 887 $ pour un cinq et demie.

•À Trois-Rivières : 439 $ pour un studio, 527 $ pour un trois et demie, 626 $ pour un quatre et demie, 745 $ pour un cinq et demie.

Revendications

Fort de ces données, M. Roy-Allard revient à la charge : il faut établir un registre public des loyers, afin que les locataires puissent connaître le coût du loyer précédent et contester, le cas échéant.

À l’heure actuelle, « certains propriétaires ne remplissent pas la section du bail où doit être écrit l’ancien loyer » ou bien « les locataires n’ont aucun moyen de vérifier si ce qui y est écrit est vrai », critique-t-il.

Deuxième revendication : « un contrôle obligatoire et universel des loyers ». À l’heure actuelle, la Régie du logement énonce chaque année un indice, une sorte de guide pour calculer les hausses possibles, mais cela ne lie pas les parties, explique M. Roy-Allard.

Il aimerait que le fardeau soit inversé, qu’il y ait une obligation de suivre cet indice et qu’il appartienne au propriétaire de justifier une hausse supérieure à cet indice de la Régie.

À ceux qui diraient que les loyers sont bien plus élevés encore à Toronto et Vancouver, M. Roy-Allard rétorque qu’« il ne faut pas qu’on devienne le prochain Toronto ou le prochain Vancouver », des villes qui ont été « vidées des locataires à faible revenu ».