L’incendie qui a déjà brûlé 72 mille hectares de forêt au Lac-Saint-Jean reste hors de contrôle. Lundi, le gouvernement du Québec a demandé à l’ensemble de la population d’éviter d’allumer tout type de feu d’origine humaine, y compris les feux d’artifice. À deux jours de la fête nationale, c’est donc dire que ce sera une Saint-Jean sans feux de joie ni artifices.

Audrey Ruel-Manseau Audrey Ruel-Manseau
La Presse

« Au moment présent, tout feu est interdit et les feux d’artifice font aussi partie du lot. […] Les interdictions du gouvernement du Québec touchent les forêts, mais en général, les municipalités, on tient pour acquis qu’elles vont emboîter le pas. […] J’en appelle à tous les Québécois : ça peut être tentant […] mais, de grâce, évitez de faire un feu », a déclaré la vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault, lors d’un point de presse donnée en compagnie du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, et du directeur général de la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU), M. Éric Rousseau.

Les conditions sont exceptionnelles et idéales pour la propagation des incendies. La situation actuelle est comparable à celle vécue en Haute-Mauricie il y a 10 ans, quand un feu avait ravagé plus de 100 mille hectares de forêt.

« En 2010, on a eu le feu du lac Smokey, en Haute-Mauricie, qui avait brulé 103 mille hectares. À ce moment, les indices — de très hautes températures et une très basse humidité — étaient comparables à ce qu’on a cette année », a rappelé Éric Rousseau, directeur général de la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU).

Depuis le début de l’année, les pompiers forestiers ont combattu 461 brasiers, soit deux fois plus que la moyenne des 10 dernières années. Présentement, 18 incendies de forêt brûlent au Québec. Ils ont ravagé 73 000 hectares de forêt ; l’incendie en cours au nord du Lac-Saint-Jean est responsable à lui seul de 72 000 hectares et il était toujours hors de contrôle, lundi. Selon les premières observations, il aurait été allumé accidentellement par un feu de camp mal éteint, pourtant protégé par une bordure de roches, sur une grève en bord de rivière.

Tous les gens doivent être conscients de la situation. Un simple petit tison dans un foyer qu’on pense éteint a créé le chaos qu’on connait au Lac-Saint-Jean. Actuellement, jusqu’au territoire du Nunavut, on est en situation où on ne peut pas faire de feu présentement.

Pierre Dufour, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs et ministre responsable de la région de l’Abitibi-Témiscamingue et de la région du Nord-du-Québec

Beaucoup d’espoir repose sur la pluie attendue dans la nuit de mardi à mercredi. La SOPFEU estime que les quantités attendues pourraient suffire à calmer l’incendie, et permettre d’y pénétrer avec les avions-citernes, ce qui est encore impossible.