(Ottawa) La confiance d’un nombre grandissant de Canadiens envers la police est en baisse, révèle un nouveau sondage, tandis que des manifestations contre le racisme et la brutalité policière balaient l’Amérique du Nord.

Lee Berthiaume
La Presse canadienne

Bien que la majorité des Canadiens continuent de faire généralement confiance aux forces de l’ordre, un sondage de la firme Léger et de l’Association d’études canadiennes indique une diminution notable, au cours des derniers mois, du nombre de citoyens qui disent avoir beaucoup ou plutôt confiance en la police.

70 % des répondants sondés au cours du week-end ont déclaré que c’était leur cas, ce qui représente une baisse de neuf points de pourcentage par rapport à mai et de onze points par rapport à avril.

Ce déclin coïncide avec la mort de George Floyd, cet Afro-Américain suffoqué par un policier blanc à Minneapolis, le 25 mai dernier. Les images troublantes de cette intervention policière ont déclenché une mobilisation massive contre le racisme aux États-Unis et au Canada, en plus d’inspirer une remise en question des pratiques policières.

« Un pourcentage de Canadiens se posent des questions sur la façon dont les services de police font leur travail », a déclaré le vice-président exécutif de Léger, Christian Bourque, au sujet des résultats du sondage.

Pas moins de 90 % des personnes interrogées se sont dites favorables à ce que les policiers soient équipés de caméras portatives, tandis que 87 % ont dit souhaiter que davantage d’heures de formation leur soient dispensées à propos des relations avec les minorités visibles.

La semaine dernière, la commissaire de la Gendarmerie royale du Canada, Brenda Lucki, a annoncé avoir accepté d’équiper certains policiers fédéraux de caméras portatives.

Des voix s’élèvent pour que d’autres corps policiers emboîtent le pas afin d’accroître leur transparence et de limiter la brutalité policière au pays.

Seulement 52 % des répondants ont appuyé l’idée selon laquelle les services de police devraient accorder la priorité à l’embauche aux membres de minorités visibles, tandis que 32 % étaient favorables à ce que les agents qui patrouillent les centres urbains à pied le fassent sans arme à feu.

« Tout ce qui a trait avec le désarmement des policiers, les Canadiens ne semblent pas voir cela d’un bon œil », affirme M. Bourque.

Le sondage a été mené en ligne du 12 au 14 juin auprès de 1527 adultes canadiens. Puisque la méthode d’échantillonnage des répondants en ligne est non probabiliste, il n’est pas possible de calculer une marge d’erreur.

Le sondage a également révélé que la majorité des Canadiens sont en faveur de la prolongation de la Prestation canadienne d’urgence, le paiement de 2000 $ par mois que le gouvernement fédéral a établi pour aider ceux dont les moyens de subsistance ont été touchés par la pandémie de la COVID-19.

La PCU devait expirer à la mi-juillet, bien que le premier ministre Justin Trudeau ait annoncé mardi qu’elle sera disponible pour deux mois de plus, car de nombreux Canadiens continuent de lutter pour joindre les deux bouts, à cause de la pandémie.

81 % des répondants ont déclaré qu’ils appuyaient la PCU, environ le même résultat que le mois dernier.

Quant à l’avenir, 38 % souhaitent qu’elle soit maintenue dans sa forme actuelle, tandis que 25 % souhaitent un montant réduit pour les bénéficiaires.

Seulement 21 % ont déclaré vouloir que le programme se termine. Les 16 % restants ont déclaré qu’ils ne savaient pas ou préféraient ne pas répondre.

« Il y a encore un large soutien, a dit M. Bourque. Pour Ottawa, ça devrait laisser entendre que les gens veulent que la durée de la PCU soit prolongée. »